Alain Monnier : A l’issue du premier clic…

L'écrivain Alain Monnier

Ce pourrait être une satire sociale caustique qui évoque la roulette russe comme une forme logique de notre société mais cela s’apparente plutôt à une fable philosophique ou à une œuvre messianique… Si l’on souhaite rester fidèle à la fluidité de ce livre, il faut dire par exemple, c’est le dernier roman d’Alain Monnier. Dire aussi, comme le fait l’auteur sans rien dévoiler, Je vous raconterai. Un titre qui en dit long sur le contenu, à la limite de la vraisemblance, de cet ouvrage. « Je suis parti de la chute, d’une douleur intime », signale l’invité de la librairie Sauramps.

Dans une société laminée par la pauvreté et la violence, on pénètre le malheur d’un homme misérable, qui survit depuis des années dans les rues. Cet homme sans nom dont on apprécie l’outrance, raconte son histoire. « Vous qui parlez haut et fort, que savez-vous donc de la misère ? » Quand le livre débute, il est arrivé au bout de ce qu’il peut endurer. Mais alors qu’il s’apprête à se jeter dans le canal voisin, un mystérieux individu lui propose de l’aider à mourir sans souffrir. « C’est en cheminant que l’on connaît l’histoire », observe l’auteur qui soigne le réalisme des situations sans malignité apparente.

L’homme qui n’a plus rien à perdre accepte sans conscience un contrat faustien conclu en silence. Il se retrouve alors dans une luxueuse villa où il lui est demandé de jouer à la roulette russe devant une assemblée enfiévrée. A la question : « êtes-vous joueur ? », Monnier répond sobrement : « Je ne jouerai jamais à ce jeu. Je ne suis qu’un gros dégonflé. » Le personnage évolue pendant le roman. A l’issue du premier clic, il succombe à la fascination de son geste. Le voisinage de la mort, avec laquelle il prend un rendez-vous périodique, lui permet de reprendre pied, de revenir sur son passé et même de rencontrer Lula dans le miroir de la roulette. « La forme de folie pousse progressivement le héros à être dans la fraternité des hommes, glisse Alain Monnier. Etre un homme, c’est croire au miracle, qu’importe si cela arrive ou pas. »

Jean-Marie Dinh

Je vous raconterai, éditions Flammarion, 17 euros.

Une nouvelle pilule du lendemain arrive cette semaine en France

Une nouvelle pilule « du lendemain », EllaOne, surnommée « pilule du surlendemain » car utilisable jusqu’à cinq jours après un rapport à risque de grossesse non désirée, arrive à partir de jeudi dans les pharmacies françaises.

EllaOne, fabriquée avec une nouvelle molécule -l’ulipristal- « ne sera accessible que sur ordonnance et sera vendue au prix indicatif de 30 euros », a précisé à l’AFP le Dr Erin Gainer, PDG du laboratoire pharmaceutique HRA Pharma, basé en France.

En France, « comme dans la plupart des pays européens », un dossier de demande de remboursement a été déposé.
Ce nouveau contraceptif d’urgence des laboratoires HRA Pharma, qui commercialise déjà la pilule Norlevo (utilisable entre 12 et 72 h) en vente libre en France depuis sa mise sur le marché en 1999, est lancé en Europe d’abord dans « trois pays européens: France, Royaume-Uni, Allemagne », indique-t-elle.

« Elle arrive dans les pharmacies françaises à partir de jeudi-vendredi, nous avons donné l’ordre lundi aux grossistes de libérer les lots », a-t-elle dit. Le même ordre est parti dans plusieurs pays d’Europe où la commercialisation devrait s’étendre à l’ensemble d’entre eux (Belgique, Italie et Espagne, pays nordiques, de l’Est…).

Le lévonorgestrel (composant du Norlevo et de ses génériques) est une molécule connue depuis une trentaine d’années, souligne le Dr Gainer. EllaOne (comprimé blanc dosé à 30 mg) qui empêche l’ovulation, a obtenu son autorisation européenne de mise sur le marché (AMM) en mai.

Mais elle devait encore attendre l’approbation de l’Agence européenne du médicament (EMEA) pour son plan de surveillance après commercialisation, dit « plan de gestion de risques (PGR) », institué pour les nouvelles molécules. « Ce plan impose notamment la création d’un registre du suivi des grossesses potentiellement exposées à cette nouvelle molécule », selon Fabienne Bartoli, directrice adjointe de l’agence du médicament française (Afssaps).

Le laboratoire avait prévenu qu’EllaOne serait commercialisée « en septembre sans attendre l’accord pour le remboursement par la sécurité sociale » dès l’obtention de cet ultime feu vert de l’EMEA.

D’après les études cliniques sur 4.000 femmes, le produit est bien toléré et son efficacité apparaît supérieure à celle du lévonorgestrel, ajoute-t-elle. Sa durée d’efficacité est de 120 heures (cinq jours). Une durée qui correspond schématiquement à la durée de vie des spermatozoïdes.

Selon l’étude principale (1.241 femmes) prise en compte pour l’AMM, EllaOne a évité environ trois cinquièmes des grossesses attendues – soit 2,1% de femmes enceintes avec la molécule, chiffre inférieur aux 5,5% des femmes qui auraient pu être enceintes si elles n’avaient utilisé aucune méthode contraceptive, selon l’agence européenne.

EllaOne est contre-indiquée en cas de suspicion de grossesse, comme toute pilule contraceptive. Son utilisation n’est pas recommandée chez des femmes atteintes d’asthme sévère insuffisamment contrôlé par un traitement à de corticoïdes oraux, selon l’AMM.

« Réel progrès pour les femmes, cette pilule d’urgence doit pouvoir être délivrée sans ordonnance », selon le Planning Familial. Les infirmières scolaires ont également réclamé l’autorisation de délivrer  EllaOne, le plus rapidement possible à l’issue d’une période d’observation nécessaire de ce nouveau produit, comme elles l’ont eu pour Norlevo.

Pour sa part le mouvement anti-IVG Alliance pour les droits de la vie estime que le lancement de cette pilule « à la fois contraceptive et antinidatoire » est « une étape de plus dans la banalisation de l’avortement ».

Ballet de l’Opéra de Paris: classiquement vôtre

Diamant, fait revivre toute la magnificence du ballet impérial russe, les frémissements de la modernité en moins

Un tourbillon de vert, de rouge et de bleu marque l’ouverture de la saison Montpellier Danse, avec un retour en force du ballet classique. Près de 10 000 spectateurs ont rêvé le week-end dernier devant les pierres précieuses du chorégraphe russe décédé en en 1983.

Le Ballet Joyaux regroupe trois pièces créées en 1967 par le New York City Ballet. Georges Balanchine rend hommage aux trois écoles et aux trois villes lui permettant de forger son style : Paris, New York et Saint-Pétersbourg. Le vent de légèreté inspire au chorégraphe une vision qui paraît aujourd’hui un peu esthétisée mais n’empêche pas la grâce d’opérer.

La diversité des registres fait le réel intérêt du spectacle. Le déroulement reste fidèle à l’évolution chronologique de la carrière de l’artiste.

Dans la pièce d’ouverture Emeraude Christian Lacroix qui signe les décors et les costumes drape Paris de vert. Sur une musique Gabriel Fauré, la chorégraphie fait référence au ballet romantique féerique et sensuel. La suite d’image paraît parfois statique mais les danseurs font preuve d’une souplesse exemplaire avec beaucoup de bras.

C’est avec Rubis que s’opère le saut vers la modernité. Très aboutie, la pièce fait référence au cabaret de Broadway dont la précision et la rigueur n’interdisent pas les déhanchés. C’est ici que s’exprime le mieux l’usage que Balanchine fait de pas appartenant à la danse moderne associés à la technique sur pointes. Sur les rythmes syncopés de Stravinsky, on retrouve également dans Rubis l’étonnante capacité du chorégraphe à  » transformer le son en mouvement « . A souligner l’interprétation du premier danseur Mathias Heymann dont la virtuosité se distingue assez nettement du reste de la distribution.

Diamant, le troisième volet fait revivre avec Tchaïkovski, toute la magnificence du ballet impérial russe, les frémissements de la modernité en moins. Les danseurs se prêtent à l’atmosphère décorative pour cette apothéose du bonheur visuel, éblouissante magie de l’artifice.

Jean-Marie Dinh

Les habits de mémoire

Michel Aguilera à la Galerie Saint-Ravy. Photo David Maugendre.

Séparée des os, la peau peut paraître belle. Comme les photos de vêtements que Michel Aguilera expose sur fond blanc à la galerie Saint-Ravy. A l’approche de cette petite veste scolaire que l’on observe en tant qu’objet plastique, la dimension esthétique se transforme à la lecture de la légende :  » Tatsuya, 14 ans, collégien en 2e année, se trouvait dans la cour de l’école lorsque la bombe explosa. Brûlé sur tout le corps, il tenta désespérément de fuir par la route démolie, mais s’effondra à mi-chemin de Kusatsu où se trouvait sa maison. « 

Il y a deux ans le photographe s’est rendu au Musée de la Paix d’Hiroshima pour y photographier les trente vêtements que l’on peut découvrir à Montpellier jusqu’au 4 octobre.  » Ces pièces proviennent des familles des victimes qui les donnent au musée avec le souhait que la mémoire soit transmise, explique Michel Aguilera. Le musée conserve 19 000 objets irradiés dont 250 vêtements. Au début les familles les gardaient. C’était souvent le seul souvenir qu’elles avaient de leurs proches car dans la majorité des cas, on a retrouvé le vêtement mais pas le corps. « 

Le photographe avait déjà initié une démarche en photographiant des vêtements récupérés dans les décharges. Il franchit un cap avec ce travail en passant d’une mise en scène relevant de la fiction à un travail qui anime le questionnement artistique et moral.

Jean-Marie Dinh

Exposition organisée dans le cadre de Hiroshima Station à l’occasion de la création théâtrale de Julien Bouffier Hiroshima mon Amour

Voir aussi : Rubrique actualité locale exposition La nuit de cristal

France: les principaux chiffres du projet de budget 2010

Voici les principales prévisions économiques du gouvernement pour 2010, inscrites dans le projet de loi de Finances présenté mercredi en conseil des ministres, et le rappel des données 2009:

Croissance du PIB (évalué à 1.970 milliards en 2010 après 1.932 en 2009): 0,75% de hausse prévue en 2010 après une récession de 2,25% en 2009. Le gouvernement espère une croissance de 2,5% pour 2011.

. Déficit de l’Etat: 116 milliards d’euros en 2010 après un déficit revu à la hausse à 141 milliards en 2009 (contre 52,1 milliards prévus initialement dans le projet de budget publié en 2008).

. Déficit public: 8,5% du PIB en 2010 après 8,2% en 2009. Le gouvernement espère le ramener à 7% en 2011 puis 6% en 2012 et 5% en 2013 (contre 0,5% prévu initialement).

. Comptes sociaux: déficit de 2,3% du PIB en 2010 après 1,4% du PIB en 2009 (soit respectivement 45,31 et 27 milliards selon un calcul de l’AFP basé sur l’estimation officielle du PIB). Le déficit du seul régime général (salariés du privé) de la sécurité sociale devrait atteindre plus de 30 milliards d’euros en 2010 après plus de 23 milliards en 2009.

. Dette: 84% du PIB en 2010 (soit 1.654 milliards selon un calcul de l’AFP) et devrait atteindre 91% en 2013, après 77,1% en 2009 (soit 1.489 milliards selon l’AFP) et 68% en 2008.

. Inflation (moyenne annuelle): 1,2% en 2010 après 0,4% en 2009 et 2,8% en 2008.

. Pouvoir d’achat des ménages: +1% en 2010 après +1,5% en 2009.

. Dépenses de consommation des ménages: +0,8% en 2010 après 0,6% en 2009 (contre +1,9% prévu).

. Investissement des entreprises: +0,6% en 2010 après une chute de 7,9% en 2009 (contre 2% prévus).

. Exportations: +2,6% prévus en 2010 après -11,4 % en 2009.

. Importations: +3,4% en 2010 après -8,8% en 2009.

. Déficit commercial: 47,8 milliards d’euros en 2010 après 47,6 milliards en 2009 et 55,5 en 2008.

. Prix du pétrole Brent: 75 dollars le baril, après 62,1 en 2009 et 97,2 en 2008.

. Taux de change euro/dollar: 1,45 dollar pour un euro en 2010, comme en 2009.

. Dépenses du budget général: 285,225 milliards d’euros en 2010 après 289,623 en 2009 (contre 278,503 prévu intialement).

. Recettes fiscales nettes: 252,255 milliards d’euros en 2010 après 212,223 milliards en 2009 (contre 245,017 initialement prévus), soit un manque à gagner de près de 33 milliards cette année.

. Recettes nettes totales: 267,176 milliards en 2010, après 231,39 en 2009 (contre 266,605 prévus).

. Taux de prélèvements obligatoires: 40,7% du PIB en 2009 et 2010, après 42,8% en 2008.

. Fonction publique: suppression de 33.754 postes pour environ 68.000 départs à la retraite en 2010, après 30.627 postes équivalent temps plein en 2009. Au total plus de 100.000 entre 2007 et 2010.

. Emploi: 190.000 destructions d’emplois marchands prévues en 2010 et 90.000 destructions d’emplois sur l’ensemble des secteurs après 580.000 destructions d’emplois marchands en 2009 et 451.000 sur l’ensemble des secteurs.