Les éditeurs du Languedoc-Roussillon prêts pour le salon du livre

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Languedoc-Roussillon livre et lecture (LR2L) a invité les maisons d’éditions qui se rendent à la porte de Versailles. Une initiative suivie par une dizaine d’éditeurs (1) implantés dans la région venus présenter leur actualité littéraire avant de rejoindre le Salon du Livre qui se tient à  Paris du 18 au 21 mars .

Depuis trois ans, l’étendard régional  du Languedoc-Roussillon qui rassemblait sous sa bannière un vaste panel de la production régionale ne flotte plus au salon parisien. En raison du coût prohibitif du mètre carré, mais aussi de la volonté des éditeurs. On se souvient du tumulte de l’année dernière où de grands éditeurs dont Bayard et le groupe Hachette (Fayard, Grasset, Stock…) rejoints par plusieurs conseils régionaux avaient boycotté le salon pour protester contre le prix de location des stands. Cette année les prix ont baissé de 30% mais la durée de la manifestation s’est réduite dans les mêmes proportions…

« La décision du Conseil régional de ne plus louer de stand était en partie liée à la volonté des éditeurs, explique Christophe Bara le responsable des éditions l’Entretemps qui préside l’Association pour le développement de l’édition en région (L’Ader), chaque maison d’édition développe son identité et ses réseaux. Vu de l’extérieur un stand régional n’offre pas la meilleure des visibilités pour les lecteurs. »

A chacun ses choix

Si l’économie réalisée pour la collectivité n’est pas venue abonder le budget de LR2L qui reste constant, les éditeurs de la région ont la possibilité d’être soutenus individuellement  lorsqu’ils se déplacent sur les salons. Certains préfèrent se rendre au Salon du livre de Francfort, plus axé sur les échanges entre professionnels. « Le grand rendez-vous du livre parisien est une occasion pour porter nos productions à la connaissance de 30% des lecteurs français, » rappelle tout de même le représentant des éditions Au Diable Vauvert. Cela, même si le retour sur investissement n’est pas direct. « L’année dernière, à l’occasion de son dixième anniversaire, Le Diable a réalisé 11 000 euros de CA, soit 1% de son chiffre annuel sur le salon pour 35 000 investis. »


A chacun ses engagements

Le métier d’éditeur demeure une profession à risque. Outre l’incertitude économique, la liberté du choix éditorial s’accompagne de nombreux devoirs. L’éditeur est responsable de ce qu’il publie. Il doit aussi assurer des responsabilités graphiques et  techniques, dans le suivi de fabrication ainsi que le difficile  choix de la distribution. Le contrat signé avec les auteurs concerne sa rémunération comme l’engagement à promouvoir ses ouvrages dont la durée de vie imposée par le marché ne cesse de se réduire. « Nous allons sur un salon pour défendre l’ensemble de notre catalogue qui compte 600 titres disponibles » insiste à ce sujet le représentants des éditions Fata Morgana.

Dans un environnement rattrapé par les méthodes de gestion modernes et soumis aux mutations technologiques, il revient, dans une certaine mesure, aux collectivités publiques de mettre en valeur la contribution de cette profession à la vie culturelle, intellectuelle, linguistique, artistique et sociale. A l’image du phénomène littéraire de la fin de l’année 2010, signé par Stéphane Hessel et mis au monde par les éditions montpelliéraines Indigène dédiées aux arts et aux savoirs des cultures non industrielles du monde.


Jean-Marie Dinh


(1) 6 pieds sous terre, Altercomics, L’arachnoïde, Chèvre-feuille étoilée, Au diable Vauvert, Fata Morgana, H&O, Indigène, TDO, Verdier,

Voir aussi : Rubrique Edition, rubrique Livres, rubrique Politique culturelle,

Une réflexion au sujet de « Les éditeurs du Languedoc-Roussillon prêts pour le salon du livre »

  1. Et également Chez INDIGENE EDITEURS :

    18 avril 2011
    LA PRISON RUINÉE de Brigitte BRAMI, aux Éditions Indigènes, 40 pages, 3 (trois) Euros L’histoire : Une fille se rend chez un psychiatre/psychanalyste pour aller mieux. Elle possède un casier judiciaire vierge, et selon la formule consacrée, elle est inconnue des services de police. Quinze ans plus tard, elle a tout perdu, y compris le sentiment d’une quelconque légitimité de vivre. Y compris et surtout la perception d’un monde habitable. Entre temps, elle a connu la prison, la cavale, la séquestration, les agressions et subi toutes les humiliations, en effet : elle a été condamnée en appel, le 8 mars 2008, à quinze mois de prison dont huit fermes – avec inscription au fichier central des personnes recherchées – pour : appels téléphoniques malveillants réitérés à son psychanalyste, suite, explique-t-elle, de la décision sans concertation de son praticien d’abandonner brutalement la cure après un travail qui l’avait fragilisée. L’histoire vécue par Brigitte, il semble que personne n’en n’ait encore véritablement parlée avec justesse, jusqu’à que ce petit livre soit la voix qu’on lui avait refusée et qui est offert à la conscience et à la réflexion de chacun, de tous.

    L’auteure : Brigitte Brami, 47 ans, est diplômée d’Études Approfondies en littérature à la Sorbonne Nouvelle. Dans ce texte qu’elle considère comme inaugural, tout est vrai (quatrième de couverture).

    Revue de presse :

    Sylvie Crossman (Éditions Indigènes) : Après le grand succès de Stéphane HESSEL, il vient de sortir un petit livre, aux mêmes éditions Indigènes, dans la même collection : Ceux qui luttent contre le vent, et cette fois-ci d’une inconnue : LA PRISON RUINÉE de Brigitte BRAMI : 40 pages pour 3 euros. Brigitte Brami, 46 ans, a passé cinq mois à la maison d’ arrêt des femmes à Fleury-Mérogis. Elle en rapporte ce petit chef d’ œuvre de pensée et d’ écriture, à contre-courant de tout ce qui s’ écrit et se dit sur la prison aujourd’hui. Le livre de Brigitte Brami est l’un de nos coups de foudre, un petit bijou littéraire.

    Jef TOMBEUR : C’est un texte littéraire, vous dis-je, subjectif. D’autant plus précieux, peut-être. ( C4N et Le Post)

    Fara C., :

    Par le titre de son émouvant recueil : La prison ruinée , Brigitte Brami fait écho à Genet. L’auteure y conte son séjour en prison – qui semble abusif face aux faits reprochés -, son expérience de la solidarité entre détenues et de l’amour, comme du mépris étatique. Saisissante sublimation poétique et politique. Quand l’écriture décadenasse l’esprit…

    Un joyau à (s’) offrir ( L’humanité du 1er, 2 et 3 avril 201).

    Librairie Palimpseste : Tout le monde parle des éditions Indigène, mais il n’est toujours que de leur titre phare, Indignez-vous, signé Stéphane Hessel. Les éditions Indigène ont un catalogue heureusement plus dense, où l’on trouve depuis peu un petit essai extrêmement dérangeant « La prison ruinée », de Brigitte Brami. Brigitte a fait un passage par la maison d’arrêt de femmes de Fleury-Mérogis dont elle a tiré ce texte magnifique, qui n’est pas sans évoquer Genet et son captif amoureux. On est loin, très loin, du simple récit de vie.

    BLOG P. W. A. H. !! par GED : Les blocs de granit assemblés par le plus fort ciment » de la rumeur publique, des stéréotypes et des préjugés prennent un grand coup de burin de mots avec ce petit opuscule sorti il y a peu chez Indigène, un petit éditeur montpelliérain mis sur orbite par le fameux Indignez vous ! de Stéphane Hessel De la transfiguration poétique qu’elle ressent en détention à Fleury-Mérogis à la « violence du calme » (« libre c’est-à-dire exilé parmi les vivants » dixit le grand et un peu trop oublié Jean Genet) qu’elle retrouve à sa sortie, Brigitte Brami exprime sa vision de la prison, loin de celle des médias voyeurs et malsains, des fictions romancées et autres créations du subconscient :Etre détenue peut paradoxalement libérer de la pression du monde extérieur dit-elle par exemple au détour d’une page. Elle ajoute néanmoins : Mon texte [...] parle d’un idéal à atteindre, il n’est aucunement un constat, ni un état des lieux, encore moins une vérité. Il est un témoignage personnel, profond et touchant de l’expérience d’une femme qui en prison découvre réellement l’amour, la solidarité, le paradoxe de la cohabitation gardiennes / gardées et tout un tas d’autres détails que l’on ne soupçonnera jamais avant de se retrouver un jour à l’ombre. Cette ombre recèle de nombre de petits soleils, souvent en la personne de codétenues mais pas seulement, et mérite que l’on s’approche d’un peu plus près pour découvrir une vérité parmi d’autres sans pudeur ni faux-semblant, crue et belle à la fois. Qui aidera autant les habitants du dehors que du dedans, deux lieux interchangeables s’il en est. Une lecture conseillée pour sa forme, vive et fluide, et la qualité de l’écriture.

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