Opéra orchestre de Montpellier. Le vaisseau fantôme sort de la tempête

 Après deux années de tempête la sérénité pointerait-elle à l’horizon pour l’Opéra orchestre national de Montpellier ? L’annonce des candidats retenus pour succéder au prince de la discorde, Jean-Paul Scarpitta va dans ce sens. Celui-ci devrait céder ses fonctions de directeur général à la fin de l’année et conserver son poste de directeur artistique jusqu’en juillet 2014.

La nomination du nouveau directeur général sera connue le 18 novembre prochain. Le statut associatif de la maison sera transformé en EPCC (établissement public à caractère culturel) dès la fin de l’année. Mais le chantier de restauration du navire ne fait que débuter.

Le conflit ouvert entre l’ensemble des personnels et le directeur général de la structure s’était propagé aux deux principaux tuteurs de la structure, l’Agglomération de Montpellier et la Région, dans un duel politique opposant les deux présidents socialistes. Le coup de poker du président de Région Christian Bourquin menaçant de suspendre la subvention régionale de 9,5 M d’euros restera dans les mémoires, même si celui-ci est revenu partiellement sur sa décision en maintenant un apport financier régional de 3,5 M. A la tête de l’Agglo dont l’enveloppe s’élevait déjà à 10M, Jean-Pierre Mourre s’est engagé à subvenir au désistement, mais en a-t-il les moyens ?

Le budget global qui oscillait entre 23 M et 24 M devrait accuser cette année une baisse conséquente pour s’établir autour de 20 M. « Nous nous donnons deux ans pour revenir au budget, peut-être moins…», confie Nicole Bigas, vice-présidente de l’Agglomération déléguée à la Culture. Le résultat des élections municipales pourrait en effet avoir une incidence sur l’hypothétique retour d’une participation financière de la Ville de Montpellier.

Cinq candidats en lice

Un jury constitué des représentants qualifiés des différents tuteurs et de professionnels unanimement reconnus a établi une sélection de cinq candidats sur les 52 dossiers déposés. Parmi les critères de sélection figuraient notamment l’expérience, la légitimité artistique, le fait d’être en activité, de disposer d’un réseau européen, d’avoir des compétences musicales, managériales et de gestion… Toutes les exigences de fiabilité qu’exigent souvent les tuteurs après une expérience malheureuse.

Le nom de la personne qui succédera à Jean-Paul Scarpitta à la tête de l’Opéra orchestre
national de Montpellier sera connu le 18 novembre, après une audition des cinq candidats:
Valérie Chevalier-Delacour (directrice de l’administration artistique de l’Opéra de Lorraine),
Laurent Spielmann (directeur de l’Opéra de Nancy depuis 2001), Alain Surrans (directeur de l’Opéra de Rennes depuis 2005, actuel président du syndicat des directeurs d’opéras), Georg-Friedrich Heckel (patron de l’Opéra de Darmstadt en Allemagne) et Eric Vigié (directeur de l’Opéra de Lausanne).

Du côté des personnels, on estime «extrêmement important de redémarrer avec une personne de dialogue et un directeur artistique de qualité». La question du salaire du futur directeur tiendra également une place importante lors de la dernière audition. Mais avec ses deux salles, son orchestre de cent musiciens et son choeur de 32 chanteurs la maison qui a été en souffrance n’en demeure pas moins attractive.

Jean-Marie Dinh

Source : L’Hérault du Jour 04/11/2013

Voir aussi : Rubrique Musique, rubrique Montpellier,, rubrique Politique culturelle,

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