Niger : Coup d’Etat contre le président Tandja

mamadou Tandja

mamadou Tandja

Un « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » a annoncé à la radio d’Etat nigérienne la suspension de la Constitution, après un coup d’Etat jeudi à Niamey. « Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), dont je suis le porte-parole, a décidé de suspendre la Constitution de la sixième république et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues », a annoncé le colonel Goukoye Abdoulkarim (bien Abdoulkarim). Il lisait un communiqué à la radio Voix du Sahel. Le président nigérien Mamadou Tandja, visé jeudi par un coup d’Etat qui a fait plusieurs morts et blessés, a été « emmené » par des militaires qui ont ouvert le feu sur le palais présidentiel à Niamey, ont annoncé plus tôt à l’AFP deux ministres nigériens, eux-mêmes arrêtés.

Le Conseil demande à « la population de garder son calme et de rester unie autour des idéaux qui animent le CSRD et qui pourront faire du Niger un exemple de démocratie et de bonne gouvernance à l’instar des autres Etats épris de paix et de stabilité », a poursuivi le porte-parole à la radio. La Constitution que le CSDR affirme suspendre est celle adoptée en août dernier à l’issue d’un référendum très contesté qui a accordé une prolongation d’au moins trois ans du mandat du président Tandja, après deux quinquennats à la tête du pays sahélien.

La précédente Constitution, qui limitait à deux le nombre des mandats présidentiels consécutifs, prévoyait qu’il quitte le pouvoir le 22 décembre dernier. Pour arriver à ses fins, M. Tandja avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle qui s’étaient opposés à son projet de référendum sur une nouvelle Constitution. « C’est une situation difficile. Le président Tandja a essayé de rallonger son mandat », a réagi jeudi le porte-parole du département d’Etat américain Philip Crowley, en affirmant que les Etats-Unis avaient exprimé des « inquiétudes » à ce propos. « Et il est évident que cela a très bien pu précipiter ce qui s’est passé aujourd’hui », a estimé le porte-parole. M. Crowley a toutefois précisé que les Etats-Unis ne défendaient « en aucune façon » la violence qui s’est exercée contre le pouvoir. « Mais cela souligne le fait que le Niger doit organiser des élections et former un nouveau gouvernement », a indiqué le porte-parole qui a précisé que Washington disposait encore de peu d’informations sur la situation sur place.

AFP

Un coup d’Etat prévisible

nigerDepuis trois mois, bon nombre de Nigériens prévoyaient une réaction de l’armée. La date du 22 décembre dernier a marqué l’expiration du deuxième mandat de Mamadou Tandja qui, pour se maintenir au pouvoir au-delà de cette date, avait dissous le Parlement et fait adopter par référendum une nouvelle Constitution. D’autres facteurs ont aussi compté dans la décision de renverser Mamadou Tandja.

L’armée a visiblement voulu donner une dernière chance à la négociation menée par la CEDEAO. Mais, mardi 16 février, le sommet des chefs d’Etats de l’organisation sous-régionale n’a pu faire qu’un constat d’échec. Les cartes du dialogue épuisées, les militaires ont renversé 48 heures après ce sommet le président Tandja. Plusieurs facteurs les y ont incités. Après la rupture du dialogue avec l’opposition, les militaires ont probablement craint un durcissement du régime Tandja avec à la clef la mise à l’écart au sein de l’armée d’éléments jugés suspects. Les putschistes ont peut-être également décidé d’agir rapidement pour ne pas être pris de vitesse par un autre groupe : des officiers supérieurs, par exemple, qui auraient pu faire le coup avant eux.

Selon une source bien informée de la région, au sein des forces armées nigériennes un ou deux autres groupes de militaires se préparaient aussi. Ceux qui ont pris le pouvoir sont pour la plupart issus de la jeune génération et font partie des cadres intermédiaires qui seraient, selon un diplomate de Niamey, moins compromis avec le régime Tandja et moins corrompus. La junte, qui a dû prendre quelques assurances chez les voisins, ne peut pas échapper aux condamnations formelles. Mais l’éviction de Mamadou Tandja est sans aucun doute perçue comme un soulagement, en tout cas comme une potentielle solution pour ramener le Niger sur les rails de la démocratie, à condition bien sûr que les putschistes jouent le jeu.

RFI

Voir aussi :  Rubrique Politique étrangère Sarkozy en tournée dans la région des grands lacs, La guerre oubliée de l’Uranium,

Une réflexion au sujet de « Niger : Coup d’Etat contre le président Tandja »

  1. Le chien nucléaire qui se mord la queue atomique

    Le problème du Niger, c’est qu’il ne s’est jamais émancipé de son Maitre colonial. C’est un pays fier et dont les habitants sont les premiers a patir des largesses de leurs dictateurs qui vendent à bas coup les « richesses » de leur sous sol.

    3 éme exportateur d’uranium au monde, et dont il ne retire que 5% du PIB en argent frais et payé par AREVA. Un pays qui est sans cesse sous la menace de la famine, et pourtant c’est le premier fournisseur d’uranium à la France (près de 50%).

    Hors, il ce trouve que la demande de ce produit augmente autant qu’il y a des projets nucléaires de par le monde (civil puis militaire-ou vis et versas, ou les deux à la fois), surtout par les Chinois pour nourrir les nouvelles centrales nucléaires que l’empire du milieu à mit en chantier. AREVA EDF en auraient deux unités en commande, parait il ! Le chien nucléaire qui se mord la queue atomique…

    Il faut aussi vous rappeler, que le prix d’achat de ce Cake jaune, avait été multiplié par deux en 2007 au Niger. C’est à dire que depuis plus de 30 ans nos fabricants nucléaires nationaux payaient à moitié prix la base de la production d’électricité d’origine nucléaire et ce par rapport au marché mondial de l’uranium.

    C’est par ces méthodes post colonialistes, que l’indépendance énergétique à la Française est devenue ainsi pérenne, de payer à moitié prix ce produit, et de sortir les mouchoirs quand vient le soir!

    Une indépendance qui fera long feu en moins de dix ans, car le jeu de la carte géopolitique est en train d’être rebattu, et il n’est pas sur que les choix stratégiques français en matière de production d’énergie nucléaire et tels qu’ils ont été gravés définitivement par les Messmer et autre Giscard (gros actionnaire de Framatome) soient encore tenables pendant longtemps, tant d’un point de vue financier que de la morale qui aurait l’emporter , surtout ici, au pays des prétentieux détenteurs des droits de l’homme et de leur défense.

    La démographie nigérienne, certes n’est pas anodine, mais ce qu’il faut dénoncer c’est le pillage de ce continent Africain, par AREVA et Pékin.

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