Corée du Sud: opposition au bouclier antimissiles américain THAAD

© YONHAP / AFP

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Le 13 juillet 2016, la Corée du Sud a annoncé que le système antimissiles américain THAAD sera déployé à 200 km au sud-est de Séoul. Il doit protéger les 2/3 de son territoire d’éventuelles attaques de Pyongyang. L’annonce conjointe de ce déploiement par Séoul et Washington une semaine auparavant avait provoqué la colère de Moscou et de Pékin, qui accusent les Etats-Unis de démonstration de force.

Des milliers d’habitants du comté de Seongju, à environ 200 km au sud-est de Séoul où il sera installé, ont fait entendre leurs voix le 13 juillet 2016, en brandissant des pancartes proclamant leur «opposition absolue au déploiement de THAAD», selon l’agence sud-coréenne Yonhap. Certains ont entamé une grève de la faim, d’autres se sont entaillé les doigts pour écrire des slogans en lettres de sang. Située sur un site de production de melons, cette installation va, selon eux, avoir des répercussions économiques et environnementales. Les opposants y voient une «menace pour les conditions de vie des 45.000 habitants du comté, dont 60% cultivent le melon». Depuis le 4e essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016, les tensions ne cessent de s’aggraver dans la péninsule.

Catherine Le Brech

Source Géopolis 14/07/2016

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Le Japon a franchi « la ligne de danger », avertit la Corée du Nord

Japan Maritime Self-Defense Force's helicopter destroyer DDH183 Izumo, the largest surface combatant of the Japanese navy, is seen before its launching ceremony in Yokohama

le futur porte-hélicoptères dont il va équiper sa flotte, un navire de 248 mètres baptisé « Izumo »

La Corée du Nord a vertement critiqué le Japon mercredi, estimant que ce dernier avait franchi « la ligne du danger », au lendemain du baptême du plus gros navire militaire construit par Tokyo depuis la dernière guerre.

Dans un commentaire, l’agence officielle nord-coréenne KCNA se réfère à un rapport publié le mois dernier par le ministère de la défense nippon, qui appelle à créer « une large capacité d’endiguement » face aux menaces balistiques nord-coréennes.

« Ce n’est rien d’autre qu’un vaste canular par le Japon pour justifier le fait de devenir un géant militaire, ce qui va au-delà de la ligne du danger », s’indigne KCNA.

« Les affirmations du Japon sont trop irraisonnables et illogiques pour justifier ses sinistres objectifs », ajoute l’agence, qui transmet fidèlement les vues du pouvoir.

La veille de la publication de ce commentaire, le Japon avait montré pour la première fois en public le futur porte-hélicoptères dont il va équiper sa flotte, un navire de 248 mètres baptisé « Izumo » et encore en construction à Yokohama (sud de Tokyo).

Le navire, plus gros bateau militaire construit par Tokyo depuis la 2e Guerre mondiale, sera opérationnel après 2015 pour un coût total de quelque 900 millions d’euros. Une fois mis en service, il pourra embarquer neuf hélicoptères.

Mardi, la Chine s’était déclarée « préoccupée par l’expansion constante des équipements militaires du Japon ».

Le nouveau Premier ministre Shinzo Abe, auquel on prête l’intention de faire réviser la constitution pacifiste de 1947 (qui interdit le recours à la guerre), a fait approuver un budget militaire de 38,7 milliards d’euros pour 2013-2014, en hausse pour la première fois depuis onze ans.

Source AFP 07/08/13

Voir aussi : Rubrique Japon, rubrique Asie, Post américanisme,

Inquiétudes après la mort de Kim Jong-il

 

Le plus jeune fils du dictateur, Kim Jong-un, lui succèdera. (©AP)

L’annonce de la mort du dictateur nord-coréen Kim Jong-il a poussé  la Corée du Sud à placer ses forces armées en état d’alerte. L’inexpérience de son successeur, Kim Jong-un, pourrait déclencher une lutte de pouvoir interne, redoutent certains commentateurs. D’autres appellent l’Occident à conclure la paix avec la puissance nucléaire.

 

La lutte de pouvoir des élites

L’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un pourrait créer des failles au sein du régime, estime le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau : « La survie politique de Kim Jong-un et de ses alliés dépend considérablement de leur capacité à continuer à préserver les privilèges dont disposent les tenants du régime. … Car si le peuple nord-coréen savait de quelle manière son gouvernement l’a délibérément tenu à l’écart du progrès ces dernières décennies, il perdrait rapidement ses illusions sur les Kim. … Quant à savoir si, dans tout ce fouillis, Kim Jong-un est plus qu’une marionnette politique chargée de conférer une impression de continuité à l’extérieur, c’est l’une des principales questions à laquelle les observateurs de la Corée du Nord et les diplomates devront répondre à l’avenir. Car s’il ne devait plus y avoir de tyran tout-puissant de l’acabit de Kim Jong-il à la tête du système, mais l’opposition de différentes forces, il devrait bientôt y avoir pour l’étranger des opportunités de dialoguer avec ces alliances. » (20.12.2011)

Frankfurter Rundschau – Allemagne
Bernhard Bartsch

 

Conclure la paix avec la Corée du Nord

La mort du dictateur Kim Jong-il donne l’occasion à l’Occident de faire preuve de diplomatie et de conclure la paix avec la Corée du Nord, préconise le quotidien de centre-gauche The Guardian : « On nous disait que le régime, sous l’égide d’un fou, privilégiait sa propre survie et affectait principalement ses ressources à l’armée. Mais que ferait-il d’autres, étant donné qu’il ne vit en paix ni avec la Corée du Nord ni avec la superpuissance américaine ? L’Occident doit donc comprendre que les menaces et les sanctions ne marchent pas, et saisir cette chance de laisser toute la responsabilité au dictateur défunt et à son culte de la personnalité, tout en offrant assistance, commerce et paix aux Nord-Coréens, et ce qu’il existe ou non des armes nucléaires. Il ne s’agit pas de récompenser le mauvais comportement de Pyongyang, ni d’apaiser le régime. La surveillance des agissements avec des armes dangereuses ou des composants nucléaires ne doit pas non plus être compromise par la paix. » (20.12.2011)

The Guardian – Royaume-Uni
Robert Willoughby

 

Kim junior est imprévisible

Après la mort de Kim Jong-il, c’est son plus jeune fils, Kim Jong-un, qui prendra le pouvoir en Corée du Nord. Celui-ci est totalement imprévisible, estime le quotidien conservateur Magyar Nemzet : « Kim Jong-il a désigné pour lui succéder un jeune dont les Coréens ne savent pratiquement rien. Ce que nous savons, c’est que la prise de pouvoir d’un dictateur ou l’introduction d’une marque de mode sur le marché est plus ou moins la même chose. Le peuple avait peur de Kim Jong-il et il s’est soumis à lui. Son successeur Kim Jong-un n’est pas effrayant, n’est pas rusé et ne dispose pas de contacts particuliers au sein de l’appareil d’Etat. Même le costume très laid qui faisait paraître son père si redoutable est trop grand pour lui. Et ce jeune est désormais le commandant de l’une des plus grandes armées du monde, probablement dotée de l’arme nucléaire. » (20.12.2011)

Magyar Nemzet – Hongrie
Levente Sitkei

 

Le clan des dictateurs trompe le peuple

Le pouvoir du clan des Kim se base sur la mystification délibérée du peuple, estime le quotidien libéral Helsingin Sanomat : « La dynastie des Kim est au pouvoir depuis plus de 60 ans car elle sait justement exploiter sans vergogne un traumatisme national. La péninsule coréenne a été occupée pendant près de 40 ans par le Japon au cours du siècle dernier. La longue relation avec l’Union soviétique n’était pas équitable. Le clan des Kim a délibérément attisé la défiance du peuple à l’égard du monde extérieur avec sa propagande, et tenté de se présenter comme l’unique garant de l’indépendance du pays. La dictature du clan repose sur une illusion. La famille du dictateur a depuis longtemps déjà galvaudé son droit au pouvoir, puisqu’elle aspire exclusivement à servir son propre intérêt, et non celui du peuple. » (20.12.2011)

Helsingin Sanomat – Finlande

Voir aussi : Rubrique Corée du Nord, rubrique Asie,

La dernière fuite de WikiLeaks fait péter un câble à Washington

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Photo. AFP

Que serait la diplomatie si elle se déroulait en public ? Voici la réponse à la question, posée ce week-end par le journaliste américain Jeff Jarvis : le site WikiLeaks a commencé à publier hier un ensemble de plus de 250 000 télégrammes rédigés ces dernières années par le ministère américain des Affaires étrangères et son réseau d’ambassades dans le monde. La plupart de ces documents couvrent la période entre 2004 et mars 2010. Ils fourmillent de détails sur tous les dossiers stratégiques du jour.

L’iran, «état fasciste». Parmi ce nouveau torrent de documents, un câble daté du 16 septembre 2009 rapporte, comme si on y était, un entretien du secrétaire d’Etat adjoint, l’Américain Philip Gordon, avec le conseiller diplomatique de l’Elysée, Jean-David Levitte et quelques autres conseillers. Au sujet de la Russie, l’un des diplomates français, Roland Galharague, affirme : «La racine du problème, c’est le régime.» Loin des courbettes habituellement réservées au duo Poutine-Medvedev, le conseiller de l’Elysée chargé de la Russie, Damien Loras, renchérit : «Les dirigeants russes manquent de vision suffisante à long terme pour leur pays et, au lieu de cela, se concentrent sur un horizon à six mois et sur leurs intérêts commerciaux», rapporte le télégramme. D’ici quatre ou cinq ans, «la Russie ne pourra plus subvenir à la demande européenne» en matière d’énergie, met en garde le même Damien Loras : cela risque de donner à la Russie «encore plus de possibilités d’influence sur une Europe qui ne s’est pas préparée à diversifier son approvisionnement énergétique». Toujours au cours de cet entretien, Jean-David Levitte qualifie l’Iran «d’Etat fasciste» et le président vénézuélien, Hugo Chávez, de «fou». «Il est en train de transformer l’un des pays les plus riches d’Amérique latine en un nouveau Zimbabwe», explique le conseiller diplomatique de Sarkozy à ses hôtes américains.

Le monde entier en prend pour son grade avec cette nouvelle avalanche de documents. Selon un télégramme, Nicolas Sarkozy est «un roi nu». L’ambassade américaine à Paris en rajoute : «Il est susceptible et a un style personnel autoritaire.»

A propos de la chancelière allemande, Angela Merkel, on lit qu’elle «évite les risques et est rarement créative». Au sujet des deux Corées, au cœur des préoccupations mondiales ces jours-ci, des télégrammes montrent que les Sud-Coréens ont proposé d’offrir des «incitations commerciales à la Chine» pour qu’elle se rende à l’idée d’une réunification de la péninsule. Le troc est bien une méthode courante de la diplomatie américaine rappellent d’ailleurs ces documents : la Slovénie s’est vue demander d’accueillir un prisonnier de Guantánamo en échange d’une entrevue avec le président Obama. La Belgique s’est entendue suggérer qu’accueillir des prisonniers de la base militaire serait, pour elle, «un moyen à moindre coût de jouer un rôle de premier ordre en Europe».

La Chine, enfin, est montrée du doigt à de nombreuses reprises. Un document affirme que le Bureau politique du Parti communiste est directement à l’origine des attaques contre Google en Chine. Depuis 2002, des agents recrutés par le gouvernement chinois s’efforceraient aussi de pénétrer dans les ordinateurs du gouvernement américains et de ses alliés occidentaux.

«Protection». Les documents dont WikiLeaks est en possession «abordent une immense gamme de sujets très sensibles», a reconnu Elizabeth King, secrétaire adjointe à la Défense. Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat, a appelé en personne ses homologues allemand, français, chinois, afghan, saoudien et émirati pour tenter d’amortir le choc. D’autres diplomates américains se sont chargés de prévenir l’Australie, la Grande-Bretagne, le Canada, le Danemark, la Norvège et Israël. «A la différence des opinions publiques, les Etats ne seront pas tellement surpris d’apprendre ce que les Américains pensent d’eux», prédit Justin Vaïsse, directeur de recherches sur la politique étrangère américaine et l’Europe à la Brookings Institution. Mais ces documents peuvent être aussi révélateurs des «initiatives de certains pays européens sur l’Afghanistan ou l’Iran». Cette publication va «mettre en danger les vies d’innombrables innocents», a protesté l’administration Obama, comme elle l’avait déjà fait en juillet et en octobre, quand WikiLeaks avait mis en ligne des documents sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak. Ces notes «ont été fournies en violation de la législation américaine et sans considération pour les graves conséquences de cette action», souligne le conseiller juridique du département d’Etat, Harold Koh, dans une lettre au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Passé le moment de bonheur qu’auront les journalistes du monde entier à publier les extraits les plus cinglants, ces fuites risquent d’être «dommageables» redoute aussi Justin Vaïsse : «Elles vont conduire à accroître la protection des informations, à des destructions de documents et à un renfermement des diplomates sur eux. Au final, elles vont rendre la vie internationale moins transparente et plus secrète.»

Lorainne Millot

Correspondante à Washington pour Libération

Voir aussi Rubrique Médias 400 000 documents secrets sur la guerre en l’Irak,

Les Etats-Unis dévoilent leur nouvelle stratégie nucléaire

bombe-hLes Etats-Unis ont dévoilé  leur nouvelle stratégie nucléaire, promettant de réduire le rôle des armes nucléaires dans la stratégie de sécurité nationale tout en réaffirmant les engagements de dissuasion en faveur de leurs alliés. Le document, qui établit la politique, la stratégie et la capacité nucléaire des Etats-Unis dans les cinq à dix années à venir, constitue une interruption de la doctrine nucléaire de l’ère Bush qui abaisse le seuil d’utiliser les armes nucléaires et affaiblit le régime international de non-prolifération nucléaire.

 

Non-utilisation conditionnelle des armes nucléaires

 

Les Etats-Unis ne vont pas utiliser ni menacer d’utiliser les armes nucléaires contre les Etats qui n’ont pas d’armes nucléaires, sont signataires du Traité de non-prolifération nucléaire (NPT) et remplissent leurs obligations de non-prolifération nucléaire, a affirmé le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, au cours d’un point de presse conjoint avec la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le secrétaire à l’Energie Steven Chu, portant sur le Rapport sur la position nucléaire (NPR).

 

 

 

Washington a ainsi laissé entendre que les pays comme l’Iran et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) restent sur la liste des cibles potenielles des forces nucléaires américaines. M. Gates a déclaré que tout pays utilise des armes chimiques ou biologiques contre les Etats-Unis ou leurs alliés ou partenaires, il sera face à « une réponse militaire conventionnelle dévastatrice « . Cette politique de non-utilisation est non seulement limitée par des conditions mais peut aussi être révisée dans certaines circonstances, selon le document.

 

 

soumarin-nuc« En raison du potentiel catastrophique des armes biologiques et le développement rapide de la technologie biologique, les Etats- Unis garde le droit à entreprendre tout changement dans cette assurance, qui pourrait être justifié par l’évolution et la prolifération de la menace d’armes biologiques, et à maintenir la capacité des Etats-Unis à contrer la menace », dit le document. Par rapport à l’ère Bush qui insistait sur les représailles nucléaires en cas d’attaques biologiques ou chimiques, la déclaration de l’administration Obama – non-utilisation conditionnelle des forces nucléaires – peut être considérée comme un progrès significatif dans la sauvegarde du régime de non- prolifération nucléaire.

Le désarmement continuera

« Après le nouveau traité START, les Etats-Unis vont poursuivre le contrôle des armées avec la Russie en ce qui concerne non seulement les armes stratégiques, mais aussi les armes nucléaires non stratégiques et non déployées », indique la nouvelle stratégie nucléaire de Washington. Le mois dernier, les Etats-Unis et la Russie avaient finalisé le nouveau traité START et convenu de réduire leurs ogives nucléaires à 1.550, soit une baisse de 30%.

Le président Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev devraient signer le traité le 8 avril à Prague, capitale de la République tchèque, où Obama avait dévoilé, en avril 2009, une feuille de route pour un monde sans armes atomiques. Réduire l’arsenal nucléaire ne signifie pas que les Etats-Unis retirent leur engagement vis-à-vis de leurs alliés quand à la dissuasion élargie, appelée aussi « parapluie nucléaire ».

La nouvelle stratégie nucléaire réflète l’engagement du gouvernement américain à « renforcer la dissuasion contre les menaces du 21e siècle aux Etats-Unis, nos alliés et partenaires », dit le document. Les Etats-Unis vont adopter « une approche globale qui élargit les architectures de sécurité régionales, y compris les systèmes antimissiles et les forces conventionnelles améliorées ».

Pas de nouvelles têtes nucléaires

L’administration Obama a promis dans la nouvelle stratégie de ne pas développer de nouelles têtes nucléaires, d’utiliser seulement les pièces nucléaires basées sur les conceptions antérieurement testées, et de ne pas soutenir de nouvelles missions militaires. Le document indique en outre que les Etats-Unis n’entreprendraient pas de nouveaux essais nucléaires et chercheraient la ratification et la mise en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT).

Le CTBT interdit les explosions nucléaires, qu’elles soient pour fins militaires ou civiles. Il a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 1996, mais n’est toujours pas en vigueur, du fait qu’il n’est pas ratifié par des pays signataires, dont les Etats-Unis.

Source Xinjua