Twitter demande à ses utilisateurs de changer leur mot de passe après une faille

569ef2723030199c0984506d0905bcc0716c3cacLe réseau social Twitter a demandé jeudi, dans un tweet, à ses quelque 330 millions d’utilisateurs de changer leur mot de passe par précaution après avoir découvert une faille dans son propre service.

« Nous avons récemment découvert un bug qui stockait des mots de passe non masqués dans un registre interne. Nous avons corrigé ce bug et n’avons pas d’indication sur le fait qu’il y ait eu une intrusion ou une utilisation frauduleuse par qui que ce soit », a écrit Twitter, en recommandant à ses utilisateurs de modifier leur mot de passe « par mesure de précaution ».

Twitter explique l’erreur dans un blog très bref intitulé « Gardez votre compte sécurisé », qui ne dit pas depuis combien de temps cette faille existe ni combien de mots de passe ont été ainsi exposés.

Le président américain Donald Trump est un grand utilisateur de Twitter, l’un de ses moyens de communication favori.

Le groupe indique qu’il « masque les mots de passe à travers un processus de hachage en utilisant une fonction baptisée bcrypt, qui remplace le mot de passe réel par une série aléatoire de chiffres et de lettres qui sont stockés dans le système de Twitter ».

« Cela permet à nos systèmes de valider votre compte sans révéler votre mot de passe, ce qui est une norme de l’industrie », poursuit le blog.

« En raison d’un bug, les mots de passe ont été inscrits dans un registre interne avant d’être soumis au processus de hachage. Nous avons nous-mêmes trouvé l’erreur, supprimé les mots de passe et mettons des mesures en place pour que ce bug ne se reproduise pas », ajoute Twitter.

- « Désolé » -

Le groupe de Jack Dorsey dit être « profondément désolé ». « Nous reconnaissons et apprécions la confiance que vous nous accordez et nous nous engageons à mériter chaque jour cette confiance », dit-il à ses utilisateurs.

L’action Twitter, introduite en Bourse en 2013, perdait 1,14% à 30,32 dollars dans les échanges juste après la clôture.

Cette nouvelle faille dans les données d’un grand réseau social intervient alors qu’aux Etats-Unis comme en Europe, utilisateurs, régulateurs et législateurs s’inquiètent de plus en plus de la façon dont sont conservées, protégées ou utilisées les informations personnelles des usagers.

Facebook est dans la tourmente depuis que la société britannique Cambridge Analytica (CA) est accusée d’avoir récupéré les données de 50 millions d’utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d’influencer le vote des électeurs américains.

Dans un autre scandale, l’agence américaine de crédit Equifax, qui récolte et analyse les données personnelles de clients qui sollicitent un crédit, a été victime d’une intrusion qui a piraté les données personnelles de 147 millions de personnes, aux Etats-Unis mais aussi au Canada et au Royaume Uni.

Le site de microblog Twitter a révélé ce problème jeudi, une semaine après avoir annoncé un bénéfice pour le second trimestre consécutif.

Le bénéfice net a atteint sur la période 61 millions de dollars comparé à une perte de 61,5 millions de dollars il y a un an et à un bénéfice de 91,1 millions au trimestre précédent. Le chiffre d’affaires a progressé de 21% à 665 millions.

Ces deux trimestres consécutifs dans le vert sont venus rassurer sur la santé financière de Twitter, qui a doublé cet automne la longueur des tweets à 280 caractères, et qui n’était auparavant jamais parvenu à être bénéficiaire. Elément clé, les recettes publicitaires ont augmenté de 21% pour atteindre 575 millions de dollars.

Comme Facebook ou Google, son modèle économique est basé sur les recettes publicitaires, ciblées grâce aux données personnelles des utilisateurs.

Interrogé la semaine dernière sur les déboires de Facebook quant à la fuite de données personnelles, le fondateur et patron de Twitter Jack Dorsey avait affirmé: « Nous sommes différents (…) car Twitter est public et toutes nos données sont publiques, ouvertes à tous ».

Il avait en outre expliqué que l’activité du réseau « en termes de données consiste juste à faire en sorte que les données en temps réel soient plus faciles à utiliser pour les marques, les chercheurs ou les organisations ».

Jack Dorsey avait enfin assuré que Twitter ne fournissait « aucune information personnelle identifiable qui ne soit pas déjà visible sur la plate-forme ».

Source AFP 04/05/2018

Le dumping fiscal mine l’Europe : Dublin et Apple font front contre Bruxelles

 La commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager. © afp/John Thys

La commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager. © afp/John Thys

La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, s’est lancée dans un combat difficile contre la fraude fiscale des multinationales. Google, Amazone, Facebook… jouent avec de complexes montages financiers et bénéficient de la complicité active de plusieurs Etats européens. L’Irlande est devenue ainsi le porte-avions des firmes américaines. Une concurrence fiscale qui mine l’Europe.

La surprenante commissaire danoise Margrethe Vestager à précisé les avantages fiscaux indus, assimilables selon elle à des aides d’Etat, accordées par l’Irlande à Apple. Le géant informatique américain avait fait appel en août 2016 de la décision de Bruxelles lui imposant de rembourser 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux pour la période 2003-2014. «De la foutaise politique», avait réagi le patron d’Apple Tim Cook.

L’Irlande : paradis fiscal
De son coté, l’Irlande ne fait rien pour récupérer ces milliards d’euros, malgré une décennie d’austérité budgétaire. Dublin a même fait appel de la décision de Bruxelles, prouvant ainsi qu’elle est un paradis fiscal, niché au cœur de l’Union européenne.

Les services de Magrethe Vestater soupçonnent la firme américaine d’enregistrer en Irlande des bénéfices réalisés en Europe, Afrique, Inde et Moyen-Orient. La firme s’arrange ensuite avec Dublin pour ne soumettre à l’impôt qu’une infime partie de ce montant via un accord fiscal (Rescrit).

— European Commission (@EU_Commission) 19 décembre 2016

Apple a commencé à transférer en Irlande le produit des droits tirés des brevets développés en Californie. Ensuite, grâce à des traités signés entre l’Irlande et certains pays européens, une partie des bénéfices d’Apple peuvent transiter sans impôt par les Pays bas.

Optimisation fiscale ?
Grâce à ce montage, le taux réel d’imposition d’Apple est tombé à 0,06% de 2009 à 2001 et même à 0,005% en 2014, «ce qui signifie moins de 50 euros d’impôts pour chaque million de bénéfices», souligne la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

La firme de Cupertino est à l’origine de cette technique qui consiste à réduire l’impôt en acheminant les bénéfices vers un paradis fiscal, par l’intermédiaire de filiales irlandaises et hollandaises.

On comprend qu’un millier d’entreprises étrangères ont choisi de s’installer dans la verte Irlande, devenue le porte-avions américain en Europe: Google, Twitter, Facebook, Dell, Intel.
Pour Dublin, l’enjeu est aussi de préserver son régime fiscal attractif. Les multinationales emploient aujourd’hui 10% de la population active irlandaise.

En outre, le système de téléchargement d’Apple est basé au Luxembourg. Dès qu’une transaction monétaire est effectuée pour télécharger un film, de la musique ou une application via ce système, la vente est enregistrée au Luxembourg où la fiscalité est très avantageuse.

L’Europe contre l’Europe
La Commission européenne mène également des investigations sur le statut très favorable accordé à McDonald et à Amazon au Luxembourg ou encore à Starbucks aux Pays-Bas.

Une directive européenne anti-évasion fiscale doit en principe être traduite dans les législations nationales avant la fin de 2018. Un pas important, mais les paradis fiscaux existent également aux portes de l’Union europenne. il suffit d’une simple boîte aux lettres dans le minuscule canton de Zoug, près de Zurich, pour diminuer très sensiblement ses impôts. La Suisse a ainsi attiré 24.000 sociétés internationales. Un combat de longue haleine en perspective.

Michel Lachkar

Source Geopolis 21/12/2016

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Arabie Saoudite: campagne sur Facebook pour des réformes

Un groupe de Saoudiens mène campagne sur Facebook pour des réformes politiques, sociales et économiques dans le royaume, réclamant notamment l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. Le groupe, qui comptait près de 2.000 membres mardi, est intitulé « le peuple veut la réforme du régime », en écho au principal slogan du soulèvement en Egypte, où les manifestants clament « le peuple veut la chute du régime ». Le texte appelle à l’instauration d’une « monarchie constitutionnelle », et à la tenue d’ »élections législatives » dans le royaume. Monarchie absolue, l’Arabie saoudite avait organisé en 2005 les premières élections municipales partielles de l’histoire du pays, dont les femmes ont été exclues. En mai 2009, le gouvernement saoudien a prolongé de deux ans le mandat des conseils municipaux, reportant ainsi des élections qui devaient se tenir cette année-là.

Le groupe réclame également « le respect des droits de l’Homme » dans le royaume et « la reconnaissance des droits des femmes », qui n’ont pas le droit de conduire et ne peuvent pas travailler, se marier ni voyager sans l’autorisation d’un membre masculin de leur famille. Il demande également un « système juridique indépendant et équitable », « une répartition équitable de la richesse » dans le pays, premier exportateur mondial de pétrole, et « des mesures pour résoudre le problème du chômage ». Les réseaux sociaux Twitter et Facebook ont joué un rôle très important dans la révolte qui a mené en Tunisie au départ du président Ben Ali, et dans le soulèvement qui se poursuit en Egypte.