Ségolène traîne encore sur l’autoroute

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Source Le Canard Enchaîné 22/11/2017

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Face au lobby nucléaire, Ségolène Royal capitule en rase campagne

Ségolène Royal lors d’une conférence de presse sur la transition énergétique, le 18 juin 2014 (Stephane de Sakutin AFP)

Ségolène Royal lors d’une conférence de presse sur la transition énergétique, le 18 juin 2014 (Stephane de Sakutin AFP)

Par Noël Mamère Député de Gironde

Une fois de plus, le lobby nucléaire a fait carton plein. Le 18 juin ne restera pas une date historique pour l’écologie, mais un jour d’immense déception pour tous ceux qui croyaient encore (les naïfs !) à la sincérité du gouvernement et du président de la République sur la transition énergétique.

En guise de transition, on se retrouve dans le droit fil de l’appel de Londres :

  • la loi ne parle ni de la fermeture des centrales en fin de cycle, ni de la durée de vie des réacteurs, ni de l’arrêt de Fessenheim ;
  • la production nucléaire est maintenue à son niveau actuel ;
  • la pantalonnade à propos de l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) renforce le sentiment d’une victoire par KO du lobby nucléocrate ;
  • la promesse de faire passer la production d’électricité nucléaire de 75 à 50% en 2025 est un leurre pour laisser croire qu’il s’agit, à terme, de la fermeture d’une vingtaine de réacteurs. La réalité est plus sombre : il s’agit de gagner du temps afin de maintenir en place le nombre de réacteurs en fonctionnement, avec les risques accrus de leur vieillissement et de leur rafistolage.

L’actuelle ministre de l’Ecologie, qui avait promis dans sa campagne présidentielle de 2007 d’arrêter la construction de l’EPR de Flamanville, ne voit pas aujourd’hui quel mal il y aurait à en construire de nouveaux. Puisque, comme elle le dit elle-même :

« Nous ne sortirons pas du nucléaire, il y a 200 000 emplois en jeu. »

Un enterrement de première classe

Malgré Tchernobyl et Fukushima, malgré la hausse des coûts qui met cette énergie désormais hors de prix, malgré le retard pris dans les énergies renouvelables, l’Etat persiste et signe. EDF ne lâche rien. Ceux qui pensaient que les promesses en politique valent au-delà des campagnes électorales en sont pour leurs frais.

Un peu plus de deux ans après l’arrivée au pouvoir de ce qui s’appelle encore la gauche, nous avons assisté à un enterrement de première classe. Il n’y aura pas plus de reflux du nucléaire sous François Hollande que sous Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac ou François Mitterrand.

Tout changer pour ne rien changer. De NKM à Ségolène, c’est la même chanson : « Paroles, paroles, paroles. » Parler d’écologie pour mieux la mettre en bouteille. Tout se passe comme si, dans les cercles du pouvoir, une stratégie commune s’était dégagée : utiliser la conférence climat de 2015 pour finir de légitimer la politique nucléaire de la France.

La langue de bois articule cynisme et escroquerie. Même les énergies renouvelables sont mises à contribution. La voiture électrique, qui marche elle aussi au nucléaire, est survalorisée par rapport au transport ferroviaire dont on ne parle pas puisque, dans la même semaine, on entérine la future privatisation du rail, résultant de l’ouverture à la concurrence exigée par Bruxelles. Le seul motif de satisfaction est l’accent mis sur le soutien au fonds chaleur et aux projets de méthanisation.

Le nucléaire a gagné au poker menteur

Quant au plan d’avenir sur la rénovation thermique, le discours est le même que celui développé en son temps par Cécile Duflot.

La défiscalisation du montant des travaux engagés ne veut rien dire si elle n’est pas accompagnée, par exemple, d’une relance réelle de la filière industrielle photovoltaïque à l’agonie. On insiste tellement sur leur développement, sans leur donner les moyens d’émerger que, de fait, on annonce leur échec en rase campagne. Et comme à ce moment-là, il faudra bien résister aux énergies carbonées, comme le charbon, la seule possibilité qui restera à la France, pourtant seule au monde à s’être engagée dans cette folle impasse, sera le renforcement, ad aeternam, de la filière nucléaire.

Le piège se referme sur les benêts de l’écologie. Nos hamsters, tout à leurs jeux de pouvoir, ne voient pas l’essentiel. Comme le prédisait Delphine Batho, comme le crient, avec toute leur colère, mes amis Didier Anger et Michèle Rivasi, le nucléaire a gagné une fois de plus la partie de poker menteur, engagée depuis la signature de l’accord EELV-PS, qui apparaîtra comme la journée des dupes. Contre le plat de lentilles de quelques places à l’Assemblée, l’écologie politique a vendu son âme à l’EDF et à Areva. Triste fin de partie.

Ceux qui, chez les écologistes, croyaient s’en tirer à bon compte avec la fermeture de Fessenheim, peuvent déjà manger leur chapeau. Fessenheim ne fermera pas. Pire on, est en train de rouvrir Bure. Quelques-uns de mes collègues et responsables d’EELV se contorsionnent pour expliquer que le verre est quand même à moitié plein, que les objectifs sont tenus, puisqu’on nous promet la main sur le cœur qu’à l’horizon 2050, on réduira de 50% notre consommation finale.

Un rapport de force en dehors des institutions

Mais rappelons-nous : c’était il y a quatre ans, à peine, autant dire un siècle, sous Nicolas Sarkozy. Les lois sur le Grenelle I et II, elles aussi, se fixaient de nobles objectifs. On a vu et, surtout, on a subi la suite.

Avec l’arrivée de Ségolène, l’esbroufe continue, mais cette fois-ci au nom de « l’écologie positive ». Ségolène se fait le chantre de l’écologie d’accompagnement, sans aspérité, consensuelle, pouvant être aussi bien défendue par Anne Lauvergeon que par Nicolas Hulot. Les écologistes sont dorlotés, chouchoutés, reçus à déjeuner ou à diner. Mais il ne s’agit que d’opérations d’enfumage. Je ne mange pas de ce pain-là. Je juge sur pièce et je ne peux que voir l’histoire se répéter.

En 1997, Dominique Voynet avait été contrainte de capituler en acceptant l’ouverture du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure. Aujourd’hui, Ségolène capitule en rase campagne avec, en plus, l’approbation de certains élus écologistes.

Conclusion : hier au gouvernement, aujourd’hui dehors, nous ne faisons que jouer les utilités, sommes obligés de reconnaître que les lobbies sont les plus forts et que le consensus nucléaire est plus que jamais la règle.

C’est donc en dehors des institutions qu’il nous faut reconstituer un autre rapport de forces face à l’Etat nucléaire. Et c’est maintenant aux citoyens de dire leur mot et de se rappeler au bon souvenir de ceux qui les ont pris pour quantité négligeable. Après tout, comme nous le rappelle l’abandon de l’écotaxe et la mascarade de son remplacement, les Bonnets rouges ont gagné par la rue. Il faudra peut-être que nous sortions nous aussi les Bonnets Verts pour nous faire entendre.

Source Rue 89 : 23/06/2014

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Montpellier. Les ségolénistes tentent d’entretenir le désir

 

La voie n’est pas royale, pour les partisans de Ségolène qui s’efforcent cette fois de faire mentir les sondages en soulignant à raison le manque de référence des instituts face à l’exercice inédit des primaires. « On n’a jamais vu un tel matraquage. A ce jour nous en sommes à la 37e enquête d’opinion depuis le début de la campagne, ce qui équivaut à l’ensemble des sondages réalisés lors de la présidentielle 2007, s’indigne Najat Vallaud-Belkacem, l’ex  porte-parole de Ségolène Royal, adjointe au maire de Lyon. Avec l’ancien ministre des transports Charles Fiterman, et les militants des départements voisins, elle est venue booster les troupes en terre héraultaise.

Pour l’ancien ministre communiste des gouvernements Mauroy 81 et 84, Ségolène apparaît  comme la seule candidate crédible « face à la crise et au mode de gouvernement que rejette une grande majorité de français, j’ai la conviction qu’elle ne se contentera pas de petites retouches. » Tour à tour, les militants mettent en exergue les atouts de leur candidate en vantant : son expérience de la bataille présidentielle, ses qualités morales, sa vision de la démocratie participative… Mises bout à bout, l’ensemble des interventions dessinent une stratégie qui vise  à se distancier du PS pour se positionner en alternative.

Une reconquête difficile

Mais depuis les dernières élections présidentielles, la présidente de la région Poitou a perdu nombre de ses soutiens parmi les « barons locaux ». Dans l’Héraut, cette désertion a été particulièrement massive. Conscience de son handicap local, lors d’un passage à Montpellier en juin dernier, Ségolène avait lancé un appel au PS afin qu’il réintègre tous les frêchistes.  Sans que cela ne modifie l’isolement local d’élus ségolénistes comme Brahim Abou. Le jeune conseiller municipal décèle dans cette situation « Un manque de courage » de la part de ses collègues socialistes : « Localement nous avions un ténor politique. Aujourd'hui il n'y a plus personne. Je ne sais pas quelle aurait été la position de Frêche. Et je ne veux pas faire parler les morts, mais je ressens vraiment un manque d’audace.» Najat Vallaud-Belkacem élargit le débat : « Les prises de position de Ségolène sur le non cumul des mandats - elle a elle-même renoncé à se présenter à l'Assemblée Nationale - ne sont sans doute pas étrangères à cette situation. »

Pour que leur candidate soit présente au second tour, les militants ont conscience qu’il faut contourner l’appareil en mobilisant massivement les sympathisants socialistes non-inscrits dans le parti. Sans désespérer, ils s’emploient à ranimer la flamme.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Politique locale, Frêche et le serment du Jeu de paume, Démocratie de quartier , Mandroux et le village Gaulois, Le problème frêche : copie à revoir ! , rubrique Montpellier, rubrique Livre : Frêche L’empire de l’influence,

« L’égalité réelle » réveille le clivage droite/gauche au PS

Benoît Hamon se dit confiant sur l'adoption du texte sur l'"égalité réelle". Photo AFP.

Les critiques fusent au Parti socialiste, mardi 9 novembre, contre le projet "égalité réelle". Plusieurs personnalités ont annoncé leur intention de s'abstenir ou de voter contre ce texte qui devait être présenté dans la soirée devant le conseil national du PS. Ces défections proviennent de l'aile droite du parti, alors que le texte, destiné à servir de socle au programme électoral du PS, a été préparé par Benoît Hamon, porte-parole du parti et leader de l'aile gauche. Les proches de François Hollande -qui compte se présenter aux primaires- ont annoncé au cours de l'après-midi qu'ils n'étaient "pas en mesure de voter ce texte en l'état". Le projet "ne prévoit aucune hiérarchie dans l'ordre des priorités, ni calendrier dans sa mise en oeuvre, ce qui lui fait perdre cohérence et crédibilité", écrivent dans un communiqué les eurodéputés Kader Arif, Stéphane Le Foll, et les députés Bruno Le Roux, Michel Sapin et André Vallini. "Etant donné que les débats sur les priorités et les choix sont renvoyés à la convention sur le Projet puis aux primaires, nous nous abstiendrons lors du Conseil national", indiquent les signataires.

"Ne refaisons pas les années 70-80 au XXIe siècle"

Le député Pierre Moscovici s'est montré plus virulent. "Pour que je le vote, il faudrait qu'il soit très sérieusement changé", a-t-il prévenu mardi sur Europe-1. "Je pense que le socialisme ne doit pas être un retour à une forme d'étatisme et donc on ne peut pas être en train d'empiler des allocations universelles". "Ne refaisons pas les années 70-80 au XXIe siècle", a-t-il lancé, tout en précisant que le texte comporte "beaucoup de bons éléments".

Le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen a pour sa part jugé que le texte manquait de hiérarchie et de réalisme. "Il va falloir, pour être un parti de gouvernement, un parti crédible aux yeux des Français, hiérarchiser nos priorités, ce que le texte ne fait pas. Les propositions sont là, mais il faut les ordonner", a-t-il déclaré sur Europe-1. "Il manque le chiffrage, il manque la base essentielle", a pour sa part prévenu le député Manuel Valls, qui a prévenu qu'il ne votera pas "en l'état" le texte sur l'"égalité réelle".

Des propositions anti-inégalité

Le texte de Benoît Hamon présente un éventail de propositions anti-inégalité dans le domaine de la santé, des discriminations, du logement ou de l'éducation. Il a été passé au crible, pendant de nombreuses heures lundi soir, lors d'une commission des résolutions du parti.

Le texte sera-t-il finalement adopté mardi soir ? Benoît Hamon s'est dit "très confiant". "Ce travail est un travail collectif qui a reçu l'engagement, l'implication et les commentaires de dirigeants politiques comme Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Martine Aubry, Vincent Peillon, ces gens se sont engagés", a déclaré le porte-parole du PS.

"On a fait 200 auditions, on a plongé dans la France qui souffre et en même temps qui espère pendant cinq mois", a-t-il fait valoir. Et d'ajouter que "ceux qui de toutes façons critiquent" sont "toujours un peu toujours les mêmes". Benoît Hamon a souligné qu'il y avait eu un "gros débat sur l'éducation" et qu'une bonne cinquantaine d'amendements" avaient été intégrés.

BL  Nouvelobs.com 09/11/10

Un PS divisé adopte le texte sur les inégalités

Le Parlement du PS a en effet voté mardi, à une large majorité, ses propositions sur l'"égalité réelle", un des textes phares du parti dans la perspective de 2012 élaboré sous la houlette du porte-parole du PS, malgré des résistances de certains comme François Hollande, Manuel Valls ou Pierre Moscovici.

C'est par 59 votes pour et 12 abstentions que le document a été adopté en début de soirée. Ce texte de 45 pages présente un éventail de propositions contre les inégalités dans le domaine de la santé, des discriminations, du logement ou de l'éducation.

"Ce travail est un travail collectif qui a reçu l'engagement, l'implication et les commentaires de dirigeants politiques comme Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Martine Aubry, Vincent Peillon: ces gens se sont engagés", a fait valoir Benoît Hamon.

A son arrivée au Conseil national à l'Assemblée nationale, Martine Aubry avait dénoncé les critiques. "Certains semblent un peu pressés, je préfèrerais qu'ils soient plus pressés à nous faire des propositions", a dit la patronne du PS, dénonçant les "postures" -sans les nommer- de candidats aux primaires.

A l'adresse de ceux-ci qui critiquent notamment l'absence de chiffrage, elle a lancé: "Bien évidemment, nous travaillons sur les marges de manoeuvre et c'est en mars, avril prochain que nous formerons nos priorités". "C'est un texte de choix de société, pas de dépenses publiques", a affirmé Jean-Marc Germain, directeur de cabinet de Martine Aubry.

"Ce qui m'intéresse, c'est que 99% du PS a compris que les Français voulaient qu'on soit tourné vers eux, qu'on apporte des réponses nouvelles" et "innovantes", a ajouté Martine Aubry.

Un PS divisé sur ce volet du projet

Devant le Conseil national, elle a martelé que "l'égalité réelle, c'est la véritable crédiblité des socialistes aujourd'hui", en réponse aux critiques sur les propositions irréalistes. "Notre voie: forcément à gauche car c'est cela qui portera notre crédibilité".

Après les autres volets du projet présidentiel pour 2012 (économie, rénovation et international), cette quatrième et dernière Convention a recueilli un nombre conséquent d'abstentions, mettant à mal l'unité tant affichée du parti. "On rentre dans les primaires", commentait-on, pour expliquer cette tension. Mais "12 abstentions pour Hollande et Moscovici, c'est pas beaucoup!", persiflait un dirigeant.

L'ex-Premier secrétaire François Hollande et ses amis ont décidé l'abstention, estimant que le texte ne prévoyait "aucune hiérarchie" de priorités, "ni calendrier".

Autre leader critique, le strauss-kahnien Pierre Moscovici a annoncé qu'il s'abstiendrait également. "L'unanimisme sans concertation n'est pas possible", a jugé l'ancien ministre déplorant une "forme d'opacité des lieux d'élaboration". "Le PS n'a pas à avoir peur des débats, de sa diversité", confiait-il.

Pour Manuel Valls, candidat déclaré aux primaires, "il manque le chiffrage", "la base essentielle", "nous ne pouvons pas tout promettre".

Et le fabiusien Guillaume Bachelay d'ironiser: "Je veux rassurer nos camarades qui s'alarment d'une gauche qui promettrait tout: le premier danger serait une gauche qui ne changerait rien".

Après le Conseil national, les militants voteront le 2 décembre. Le texte définitif sera entériné le 11 décembre en convention nationale.

AFP 10/11/10

Voir aussi : Rubrique politique France, Retraite ce que proposent les partis d'opposition, rubrique UE, Les dirigeants de gauche valets des conservateurs, rubrique livre Projets et caprices du pouvoir,

Projets et caprices du pouvoir

18-mois-chrono

Livre. « 18 mois chrono », une fiction politique en temps réel.

Les socialistes Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quilès et le journaliste Renaud Chenu signent un ouvrage original qui captivera les amateurs de politiques et peut-être une partie de ceux qui s’en sont désintéressés. Loin des essais politiciens classiques dont la fleuraison s’entasse chez nos libraire au fil de la saisonnalité électorale, 18 mois chrono met a nu les mécanismes du pouvoir et les arbitrages politiques à la française. Le livre est une fiction politique dont l’écriture s’est terminée le 24 août 2010.

Durant 18 mois de novembre 2010 à mai 2012 (deuxième tour de l’élection présidentielle), on suit dans un casting très réaliste les personnalités qui font le paysage politique. Nicolas Sarkozy, ses conseillers, Fillon Hortefeux, Coppé mais aussi Bayrou, Villepin et bien d’autres à droite. Martine Aubry, DSK, Ségolène Royal, François Hollande, Benoit Hamon mais aussi Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Chevènement, Cécile Duflot, Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit et bien d’autres …

Tout débute en cet été 2010, entre l’affaire Woerth-Bettencourt, la réforme des retraites et la déliquescence morale qui gagne le pays jusqu’à sa propre majorité. Sarkozy est au plus bas. Le président broie du noir. Il cherche un remède de choc à son impopularité et réunit dans sa résidence son premier cercle de fidèle Guaino, Hortefeux et Guéant pour leur annoncer qu’il entend rompre son isolement. La dissolution de l’Assemblée et la cohabitation qui s’en suivra lui paraît l’unique moyen de se voir reconduit à l’Elysée en 2012.

Cette irrésistible fuite en avant est le déclencheur d’un scénario qui plonge le lecteur dans le réel d’une course effrénée pleine de rebondissements. Pour le PS, la reconquête du pouvoir passe par une unité stratégique sans faille orchestré par Martine Aubry. Propulsée au poste de premier ministre, la Première secrétaire du PS se prête au jeu complexe des alliances. Elle doit aussi faire face aux ténors de son propre camp qui cherchent à marquer des points dans la perspectives 2012. Et aux stratégies de la droite pour se maintenir au pouvoir.

Avec cette fiction nous signifions aussi que la gauche ne doit pas s’installer dans l’idée d’une alternance gagnée d’avance », précise sur son blog Marie-Noëlle Lienemann. Une réflexion pleine de bon sens, comme le questionnement, inclus dans l’ouvrage, sur le risque dévastateur de la procédure des primaires au PS. Enfin, après ce plongeon passionnant dans la jungle impitoyable de la vie politique française, une autre question vient légitimement tarauder le lecteur. Une alternance oui, mais pour aller où ?

Jean-Marie Dinh

18 mois Chrono, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 19,9 euros.