L’Iranienne Sakinech, l’arbre et la forêt…

sekineh-sangsar-2Les membres de Ensemble pour un Iran Démocratique, collectif montpelliérain fondé en juin 2009 pour soutenir le mouvement démocratique de la société iranienne dans son ensemble, se sont mobilisés hier matin place de La Comédie, dans le cadre de l’appel en faveur de la libération de Sakinech Ashtiani dont le sort reste incertain. Après l’avoir condamnée à mort par lapidation pour adultère et complicité du meurtre de son mari, les autorités iraniennes ont annoncé qu’elles n’exécuteraient pas la sentence. Mais la menace d’une mort par pendaison pèse toujours sur Sakinech Ashtiani alors que la mobilisation internationale en sa faveur bat son plein. En France la cause de Sakinech fait l’objet de tous les ralliements. Les associations féministes et celles des droits de l’homme, les médias, de Libé à Elle, et la sphère politique emboîtent indistinctement le pas. De Martine Aubry au Président de la République nettoyeur de Roms qui a soudainement pris conscience de la gravité de la situation : « La France a la responsabilité de la sauver » sic ! Jamais en reste dans ce genre de situation, le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner vient de monter aux créneaux en écrivant à la haute représentante de l’UE, Catherine Ashton. Pour que les 27 menacent l’Iran de sanctions pour l’amener à la clémence vis-à-vis de la condamnée à mort. Bernard Henri Levy himself et le mouvement Ni putes ni soumises, à l’origine de l’opération internationale 100 villes pour Sakinech  ont fait de cette affaire leur cheval de bataille.

A l’écart de toute affinité politique ou religieuse le collectif Ensemble pour un Iran Démocratique était aussi présent hier, mais il est resté attaché à son indépendance. Il n’y avait pas de grande photo de la mère de famille. Juste son image et un mur de prison taché de sang composé par les membres du collectif et d’autres citoyens se sentant concernés par la situation du peuple iranien. « On parle de Sakinech et cela empêche de parler d’autre chose, pense Massoud, la responsabilité de la France est de sauver le peuple iranien de ce régime réactionnaire. N’oublions pas que 150 femmes sont mortes lapidées depuis juin 2009. Est-ce que Monsieur Sarkozy a le même discours lorsqu’il négocie pour le pétrole ? ».Sur la Comédie, les membres du collectif invitaient les passants à ajouter leur nom à la pétition pour la libération de Sakinech déjà signée par 40 000 personnes.

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Pourtant, si tout le monde, ou presque, connaît désormais le visage de Sakinech Ashtiani, peut de monde s’intéresse à la menace actuelle d’une grève générale qui rend la situation sociale iranienne explosive. Sur ce sujet l’autisme des médias occidentaux est général, ce qui laisse penser à certains opposants iraniens comme Kaveh Mohseni* que la médiatisation de cette affaire a été mise en scène par le régime pour faire diversion avec la complicité des occidentaux qui appuient leur stratégie en Asie centrale sur le régime des Mollahs. « Tout est possible, je ne peux pas infirmer ni dire le contraire, indique Massoud du collectif montpelliérain. Nous préservons notre énergie pour être ensemble. Nous n’intervenons pas dans la politique franco-française et nous nous gardons de regarder les arrières pensées des uns et des autres. Dès que nous en avons la possibilité nous protestons contre ce régime iranien qui est inhumain ! »

Jean-Marie Dinh

*Kaveh Mohseni est le représentant en France de l’opposition iranienne laïque. Il anime le site Iran Resist.

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La charge de Rufin contre un Quai d’Orsay

Jean-christophe Rufin et l'anticipation diplomatique

Jean-christophe Rufin et l'anticipation diplomatique

On les disait amis, ils semblent désormais sérieusement brouillés. L’écrivain Jean-Christophe Rufin, ex-ambassadeur de la France au Sénégal, se livre à une charge sévère contre Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères. Décrivant dans un entretien au «Monde» un Quai d’Orsay «complètement marginalisé et sinistré», des diplomates dans le «désarroi le plus total», Rufin regrette que le co-fondateur de Médecins sans frontières se laisse dicter sa politique africaine par Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, et des «réseaux de lobbying».

Le fond de l’affaire n’est pas nouveau. L’impuissance de l’ancien french doctor aux Affaires étrangères a déjà été décrite, notamment par Libération. Kouchner lui-même a reconnu qu’il devait s’accommoder d’influences parfois contraires. Mais Jean-Christophe Rufin, nommé à Dakar en 2007 par Nicolas Sarkozy, et débarqué fin juin sur insistance du président Abdoulaye Wade, détaille par le menu cette diplomatie si paradoxale: «D’un côté, il y a un Quai d’Orsay qui sert de vitrine à la fois « people » et morale, et, de l’autre, une realpolitik faite par derrière et par d’autres.»

Kouchner devrait «savoir partir»

Invité de RTL ce matin, l’auteur de «Katiba» a évoqué «une politique africaine indiscutablement en crise». Selon lui, «le Quai d’Orsay ne pèse plus rien dans les affaires africaines». Celles-ci sont gérées par Claude Guéant. «Très influent», l’ancien préfet «agit d’autant plus librement qu’il n’en répond ni devant l’Assemblée ni devant le gouvernement». «Il dépend du seul président de la République, dont j’ignore s’il est complètement informé des initiatives de son collaborateur», s’inquiète Rufin.

L’ancien président d’Action contre la faim s’en prend aussi aux «intermédiaires officieux qui ont été remis en selle depuis trois ans». «Les réseaux se sont reconstitués», explique-t-il à RTL, «on a quelque chose de très opaque». «Absolument pas représentatifs de l’intérêt général», ces lobbyistes «sont payés» pour faire valoir leur point de vue. Construits «à l’inverse des réseaux Foccart», ces «visiteurs du soir» font inévitablement penser à l’avocat Robert Bourgi, conseiller de plusieurs chefs d’Etat africains.

Et Rufin, qui craint que la France ne perde une «chance historique» de rompre avec la “Françafrique – engagement de Nicolas Sarkozy en 2007 -, d’enfoncer le clou: «Obligé d’avaliser beaucoup de décisions (…) à contrecœur», Kouchner devrait «savoir partir».

«On n’est jamais trahi que par les siens»

Le ministre a d’abord répondu par l’ironie aux critiques de l’ancien ambassadeur, jugeant que ce dernier «boudait» et qu’il avait su «s’alimenter à la bonne source» pour écrire son dernier livre. Puis, interrogé à l’Assemblée nationale ce mardi, il s’est fait plus offensif: «J’espère – on n’est jamais trahi que par les siens – que cet homme ne s’étouffera pas de haine.»

«Nous sommes fiers de la politique qui a été menée, aussi bien pour la Guinée qui vient de voter pour la première fois depuis 59 ans, pour le Rwanda (avec lequel la France a repris depuis six mois des relations diplomatiques)», a rétorqué le ministre. «Nous sommes fiers de ce que nous avons fait après les coups d’Etat en Mauritanie, au Niger, ou à Madagascar», a-t-il ajouté.

Mais les temps sont décidément compliqués pour Bernard Kouchner, puisque deux de ses prédécesseurs, Hubert Védrine et Alain Juppé, viennent de publier dans «Le Monde» une tribune dénonçant «l’affaiblissement sans précédent (des) réseaux diplomatiques et culturels de la France».

Libération

Voir aussi : Rubrique Rwanda Sarkozy en mission de réconciliation,

Frais de sauvetage: y a t-il des bons et des mauvais otages?

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Le projet de loi, adopté lundi, sur l’«action extérieure de la France» inquiète les travailleurs humanitaires et les journalistes. Cet article prévoit la possibilité pour l’Etat de demander le remboursement des frais de sauvetage engagés pour libérer des «personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime, à des risques qu’elle ne pouvait ignorer».

Des «motifs légitimes» qui ne disent justement pas leur nom. C’est ce que dénoncent les opposants au projet de loi. Philipe Ribeiro, le directeur général de Médecins sans frontières (MSF) dénonce «la catégorisation des victimes; légitmes et illégitimes».

Si Bernard Kouchner, à l’initiative du projet de loi se veut rassurant en affirmant que les humanitaires et les journalistes ne sont pas concernés, qu’en est-il pour un pigiste ou pour un volontaire humanitaire contraints de partir à l’étranger à titre personnel? Quid des chercheurs ou des hommes d’affaires?

«La loi vise les agences de voyages»

Le fondateur de Médecins sans frontières a lui-même reconnu que le texte était mal rédigé, selon le député socialiste Hervé Féron joint par Libé.fr. Ce dernier, soutenu par des ONG et le député UMP, Robert Lecou, avait d’ailleurs déposé un amendement excluant de cette mesure «les journalistes professionnels, occasionnels et leurs collaborateurs, les travailleurs humanitaires, les volontaires et les chercheurs». L’amendement a été rejeté.

Seuls les touristes paieront assure Bernard Kouchner pour qui l’idée d’établir une liste des personnes concernées serait «réductrice et ne pourrait pas couvrir toutes les situations professionelles. La loi vise les agences de voyages et les touristes», insiste-t-il.

Mais les propos rassurants du ministre ne convainc pas les sceptiques. A l’Assemblée, le député Vert Noël Mamère a jugé l’article de loi «très maladroit» et susceptible d’entraîner des «interprétations malheureuses». Hervé Féron, joint dénonce quant à lui «une remise en cause de la liberté de la presse».

Vers une «privatisation de la protection»

Certains, comme le directeur général de MSF voient surtout dans ce texte «un risque de privatisation de la protection». C’est aussi l’avis de Frédéric Gallois, directeur d’une société française de «sûreté stratégique» qui décrit «l’émergence des assurances enlèvement-rançon auxquelles souscrivent confidentiellement de plus en plus de grandes sociétés» pour leur collaborateurs à l’étranger. «On se dirige vers un mécanisme privé pervers car ce type d’assurances – très coûteuses - ne peuvent être évidemment prises par des gens modestes», regrette-t-il.

D’autres voix s’élèvent pour dénoncer le projet de loi. L’ex-otage Jean-Louis Normandin s’est déclaré «choqué et révolté». Chloé Lemaçon, dont le mari a été tué par un commando français venu les libérer d’une prise d’otages de pirates somaliens en avril 2009, se demande «comment sera déterminé la légitimité à être là ou pas et qui va décider de la zone à risques».

Cette loi a est débattue alors que deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, sont retenus en otage depuis plus de six mois en Afghanistan. Qualifiés d’«imprudents» par l’Etat français, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, avait ajouté qu‘«ils n’avaient rien à faire là». Alors l’état-major des armées affirmait en février que les opérations de recherches avaient déjà coûté plus de 10 millions d’euros. Pour le Syndicat national des journalistes (SNJ), si une telle facture devait être acquittée par une rédaction, cela metterait en péril la liberté d’informer.

Pauline André (Libération)

Voir aussi : Document Communiqué du SNJ CGT

Renforts en Afghanistan: l’Otan met en garde les pays réticents

Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen a lancé mercredi un avertissement aux pays alliés réticents à envoyer des renforts de soldats en Afghanistan dans le sillage des Etats-Unis, en prévenant que Washington pourrait abandonner son approche « multilatérale ».

« Les Américains ont opté pour une approche multilatérale et je crois que les Etats-Unis commenceront à mettre en doute cette approche si les autres alliés ne prennent pas leur part du fardeau » en Afghanistan, a-t-il dit lors d’un débat à Bruxelles.     « Le président (Barack) Obama a annoncé une augmentation significative du nombre de troupes en Afghanistan, dans cette situation il est crucial que les autres alliés suivent », a-t-il déclaré.

« L’équilibre de l’Otan est en jeu, il est important que l’opération en Afghanistan ne soit pas perçue comme une opération américaine pure et simple », a ajouté M. Rasmussen. Donc « j’appelle tous les alliés à augmenter leur contribution en Afghanistan », a dit le secrétaire général. Invité à dire s’il n’était pas déçu par la position du président français Nicolas Sarkozy qui exclut l’envoi de troupes de combat en renfort en Afghanistan mais pas celui de nouveaux formateurs militaires, M. Rasmussen a répondu: « Au contraire je suis encouragé par les commentaires du président Sarkozy ».

La France comme l’Allemagne veulent attendre la conférence de fin janvier sur l’Afghanistan avant de se prononcer sur leur contribution. M. Rasmussen a aussi appelé les Pays-Bas à poursuivre leur engagement. « J’espère que tous les alliés vont prendre en considération (le fait) que c’est une opération de l’Otan, j’ai confiance dans le fait que le gouvernement néerlandais et les autres tiendront compte de cela », a-t-il dit. Les Pays-Bas contribuent à raison d’environ 1.770 hommes à la Force internationale de l’Otan en Afghanistan (Isaf). Ils sont déployés pour la plupart dans la province d’Uruzgan (sud), où les talibans sont très virulents. Les Pays-Bas ont décidé de retirer leurs troupes en 2010 et ils doivent encore décider quelle suite ils donneront aux demandes qui leur sont faites de rester présents.

AFP

Voir aussi : Politique internationale  Obama joue gros en Afghanistan

France : La gauche pour un calendrier de retrait

La France risque d’être prise « dans l’engrenage » (Hollande, PS)

François Hollande (PS) a souligné mercredi le risque pour la France d’être pris « dans l’engrenage » après la décision des Etats-Unis d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan en raison de sa présence dans l’organisation militaire de l’Otan. « Pour l’instant, Nicolas Sarkozy dit non, je n’enverrai que des formateurs, mais nous ne sommes pas certains qu’il ne sera pas lui-même, dans le cadre de cette alliance militaire (l’Otan), pris dans l’engrenage », a déclaré l’ex-premier secrétaire du PS sur France 2.

Il a rappelé que c’est « sous l’autorité de Nicolas Sarkozy » que la France y est « entrée » et « donc de plus en plus nous allons être liés aux décisions des Etats-Unis ». Selon le député de Corrèze, « le risque de la mission d’Obama c’est l’escalade : on va envoyer sans cesse plus de troupes pour maintenir un ordre de plus en plus précaire ». « Ce que nous devons faire, selon lui, c’est changer l’orientation de la présence des troupes » en insistant sur « la formation, l’afghanisation, la reconstruction, la lutte contre la corruption et les trafics ».

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a déclaré mercredi qu’un nouvel ajustement du dispositif militaire français en Afghanistan était possible, après l’annonce de renforts américains massifs dans ce pays. La veille, le président Nicolas Sarkozy avait apporté son « plein soutien » à son homologue américain Barack Obama sans annoncer de renforts.

Afghanistan: la France « coincée » par l’engagement dans l’Otan (Chevènement)

Le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement a estimé mercredi que la France est « coincée » par sa réintégration dans le commandement militaire de l’Otan et devra probablement suivre ses alliés en envoyant des renforts militaires en Afghanistan.

« La France est coincée par la réintégration de l’organisation militaire de l’Otan », décidée par Nicolas Sarkozy, a affirmé l’ancien ministre PS de la Défense sur i-Télé. « A partir du moment où (Barack) Obama met 30.000 hommes de plus, en demande 10.000 aux alliés de l’Otan, où les Allemands malgré leurs réticences vont envoyer des renforts, où les Britanniques ont déjà annoncé qu’ils allaient en envoyer, la France est prise dans le sifflet », a-t-il déclaré.

« Je pense que le gouvernement ne tiendra pas, que le président de la République, vraisemblablement à la Conférence de Londres le 28 janvier, annoncera des renforts », a jugé le sénateur du Territoire-de-Belfort. Selon M. Chevènement, « ces renforts ne régleront rien du tout ». « Ce qui compte c’est la définition des objectifs politiques et le militaire vient après », a-t-il dit.

Renforts en Afghanistan: « fuite en avant » vouée à l’échec, selon le PCF

Le Parti communiste français (PCF) a dénoncé mercredi la décision du président américain Barack Obama d’envoyer 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, y voyant « une fuite en avant lourde de menaces ».

« Barack Obama vient d’annoncer l’envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan. Consternante pour un prix Nobel de la Paix, cette fuite en avant dans la guerre est lourde de menaces pour les peuples afghan mais aussi américain », écrit le PCF dans un communiqué.

« L’échec de la stratégie de l’OTAN est chaque jour plus criant. Il serait inacceptable que la France choisisse de s’aligner sur l’Administration des Etats-Unis dans cette stratégie belliqueuse en participant de quelque manière à l’envoi de nouvelles troupes. Le Président de la République doit refuser une telle perspective », ajoute le texte, rappelant que le Parti exige le retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan.

Ayrault demande à Sarkozy une clarification et un calendrier de retrait

Le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a demandé mercredi au président Nicolas Sarkozy de « clarifier sa position » sur l’Afghanistan, « de s’engager dans une stratégie de solution politique et d’annoncer un calendrier de retrait » des troupes françaises.

Invité de Questions d’info/LCP/France Info/AFP, M. Ayrault s’est félicité du « changement de stratégie » du président américain Barack Obama, qui, en annonçant un renforcement des effectifs américains de 30.000 hommes a donné « une date », 2011, pour « l’amorce d’un retrait ». Cela démontre, a dit M. Ayrault que Barack Obama considère qu’il « n’y a pas de solution militaire en Afghanistan. Il y a une solution politique ».

S’agissant de l’engagement de la France, le chef de file des députés socialistes a rappelé sa demande d’un débat à l’Assemblée nationale. « Nous redemandons un changement de stratégie (…) il n’est pas question d’envoyer des militaires supplémentaires », a insisté M. Ayrault en faisant observer que dans ce dossier « la France ne pèse pas dans la décision » et « Nicolas Sarkozy est spectateur et non acteur ».

« La France doit clarifier sa position, s’engager dans une stratégie de solution politique et annoncer un calendrier de retrait », a poursuivi le député-maire de Nantes. « Il faut un calendrier. L’objectif est une sortie par le haut », a-t-il ajouté, en estimant que « l’objectif de date » de Barack Obama était « audacieux ».
Il a jugé que la France en Afghanistan avançait « au fil de l’eau sans peser sur la décision, sans être associée aux orientations nouvelles malgré sa présence dans le commandement intégré de l’Otan ».

Kouchner a reçu son homologue tchadien pour parler de l’offensive rebelle

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Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a reçu à Paris son homologue tchadien Moussa Faki Mahamat pour s’entretenir des moyens diplomatiques face à l’offensive rebelle dans l’est du Tchad, a annoncé le Quai d’Orsay. M. Kouchner « vient de recevoir à sa demande son homologue tchadien Moussa Faki Mahamat de passage à Paris », a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Eric Chevallier.

Les deux ministres « ont exploré les actions diplomatiques pouvant être entreprises pour éviter une aggravation de la situation et les conséquences possibles sur la sécurité et la stabilité régionales », a-t-il poursuivi.
Interrogé sur un possible soutien militaire de la France à l’armée tchadienne, M. Faki Mahamat a déclaré que son pays n’avait, pour l’heure, pas besoin d’aide pour contenir l’offensive rebelle.
« Nous avons un accord de coopération technique avec la France qui est toujours valide. Pour l’instant, l’armée tchadienne a toutes les capacités de faire face à cette nouvelle situation », a déclaré le ministre tchadien dans un entretien qui devait être diffusé  soir sur Radio France Internationale.     M. Faki Mahamat a en revanche appelé « tous les Etats membres du conseil de sécurité » de l’ONU ainsi que l’Union africaine à « condamner cet acte d’agression manifeste, de grande envergure » lancé selon lui par le Soudan voisin.

M. Chevallier a confirmé de son côté que les « groupes armés » venus lundi du Soudan « étaient encore ce matin  dans l’est du Tchad ». Des dirigeants de la rébellion ont indiqué  poursuivre leur « progression » à l’intérieur du Tchad avec pour « objectif final » N’Djamena. La France, « attachée à la stabilité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Tchad, condamne fermement l’entrée en territoire tchadien de groupes armés venus du Soudan », a ajouté M. Chevallier.

La France a engagé huit cents militaires dans la Mission de l’ONU au Tchad et en Centrafrique (Minurcat). Elle dispose également de 1.150 militaires du dispositif français Epervier, déployé au Tchad pour une mission de formation et d’assistance logistique ou sanitaire à l’armée tchadienne.
Début février 2008, une offensive de la rébellion avait failli renverser le président Idriss Deby. Celui-ci, retranché dans la présidence à N’Djamena, avait réussi à repousser l’attaque.

La France, liée au Tchad par des accords de « coopération militaire » prévoyant notamment une aide logistique et de renseignement, avait alors apporté une aide décisive aux forces loyalistes, notamment en tenant l’aéroport et en permettant leur ravitaillement en munitions.

Voir aussiSarkozy et la Françafrique