Vente aux enchères record pour le revolver avec lequel Verlaine tenta de tuer Rimbaud

© Thomas Samson, AFP | Paul Verlaine avait acheté le revolver le matin même de l'incident chez un armurier bruxellois, avec une boîte de 50 cartouches.

© Thomas Samson, AFP | Paul Verlaine avait acheté le revolver le matin même de l’incident chez un armurier bruxellois, avec une boîte de 50 cartouches.

Le revolver avec lequel le poète Paul Verlaine a tenté de tuer son amant Arthur Rimbaud en juillet 1873 à Bruxelles a trouvé preneur, mercredi soir, au prix de 434 500 euros lors d’une vente aux enchères chez Christie’s, à Paris.

C’est l’arme d’un crime passionnel… qui a déchaîné les passions, mercredi 30 novembre, lors d’une vente aux enchères chez Christie’s, à Paris. Le revolver à six coups avec lequel Paul Verlaine tenta de tuer Arthur Rimbaud, un après-midi de juillet 1873, à Bruxelles, a trouvé preneur au prix phénoménal de 434 500 euros.

« Le revolver a trouvé preneur à 434 500 euros, frais inclus », a indiqué à l’AFP une responsable de la communication de la maison de vente. L’arme, un Lefaucheux (célèbre marque de l’époque) à la crosse de bois, de calibre 7 millimètres, était estimé entre 50 000 et 60 000 euros.

Le 10 juillet 1873, il est 14 heures lorsque Paul Verlaine, célèbre poète français, tire sur Arthur Rimbaud, lui aussi poète, de 10 ans son cadet. Une balle blesse le jeune homme au-dessus de l’articulation du poignet. L’autre va se loger dans le plancher. S’achève ainsi le coup de feu le plus célèbre de la littérature française et une querelle qui, heureusement, aura fait couler plus d’encre que de sang.

La brouille entre les deux hommes a commencé à Londres en mai 1873. Le torchon brûle entre les deux amants. Verlaine a envie de renouer avec sa femme, Mathilde, épousée en 1870, un an avant sa rencontre avec l’auteur du « Bateau ivre ». Après une énième dispute, il plaque son jeune amant et part pour Bruxelles. Rimbaud le rejoint.

Verlaine a des envies de suicide, Rimbaud parle de s’engager dans l’armée. Ils s’enivrent, pleurent, connaissent le désespoir des amours qui s’achèvent. Avant de lui tirer dessus, Rimbaud raconte que Verlaine lui aurait dit : « Voilà pour toi puisque tu pars ! ».

Séjour en prison

À peine pansé, Rimbaud songe à quitter Bruxelles pour Paris. Verlaine, qui a gardé l’arme avec lui, le menace à nouveau en pleine rue. Rimbaud hèle un policier qui arrête les deux hommes.

Verlaine est alors condamné à deux ans de réclusion à la prison de Mons. Derrière les barreaux (où il passera 555 jours), il écrira les 32 poèmes de « Cellulairement » qu’il dispersera dans les recueils « Sagesse », « Jadis et naguère », « Parallèlement » ou « Invectives ». Rimbaud, rentré chez sa mère, se met à l’écriture d’ »Une saison en enfer ».

Paul Verlaine avait acheté le revolver le matin même de l’incident chez un armurier bruxellois avec une boîte de 50 cartouches. Confisqué par la police, le revolver sera rendu à l’armurerie Montigny avant d’être cédé en 1981 à son actuel propriétaire, un huissier de justice belge, amateur d’armes à feu, nommé Jacques Ruth.

C’est en voyant au début des années 2000 le film sur les amours entre Rimbaud et Verlaine, « Rimbaud Verlaine (Éclipse totale) » avec Leonardo DiCaprio que Jacques Ruth se rend compte qu’il possède un trésor.

La ville natale de Rimbaud, Charleville-Mézières, a lancé une souscription publique pour acquérir ce revolver et enrichir la collection du musée consacré au poète.

Source France 24 AFP 30/11/2016

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