L’authenticité primée au Cinemed 2017

Andrea Lattanzi dans Manuel, Antigone d’or 2017. Photo dr

Andrea Lattanzi dans Manuel, Antigone d’or 2017. Photo dr

Festival
Le premier long métrage du réalisateur italien Dario Albertini, Manuel, triomphe au palmarès de la 39e édition 2017.

Le palmarès du Cinemed 2017 est tombé samedi, concluant une riche édition. Remis par la présidente du Festival, Aurelie Filippetti, le jury et sa présidente Aure Atika, l’Antigone d’Or de cette 39e édition de Cinemed a couronné Manuel de Dario Albertini. Ce premier film recueille également Le prix de la critique BNP Paribas et Le prix du jury radio nova. De quoi ravir le réalisateur romain qui signe avec Manuel un premier long métrage sans concession. Le film est superbement porté à l’écran par Andrea Lattanzi qui interprète sa propre histoire avec peu de mots mais une grande justesse des émotions.

Ce drame social fait suite au documentaire La republica dei ragazzi (2014) dans lequel Dario Albertini suit le quotidien d’un refuge dédié aux orphelins. A l’ instar de l’allégorie de la caverne, Dario Albertini met en scène la condition humaine dans un environnement gris et médiocre peuplé de gens perdus. Au-delà de toute illusion, des jugements, des fausses idées reçues, et des croyances, Manuel qui vient d’avoir dix huit ans doit prouver qu’il est responsable à un monde qu’il ne connaît pas et qu’il comprend pas. Cela, il veut le faire par devoir, pour ce qui lui reste de famille, et par amour pour celle qui l’a mise au monde. Mais en sera-il capable ?

Dario Albertini signe un film puissant, dont les reflets universels évoquent une jeunesse qui doit faire face à une réalité illusoire.

Dede de  Mariam Khatchvani,

Dede de Mariam Khatchvani,

Une mention spéciale a été décernée à Bienheureux de Sofia Djama qui remporte le prix étudiant de la première oeuvre. Dans ce film, la réalisatrice franco-algérienne use du cinéma pour sortir du non dit et de l’ignorance volontaire. Elle met en lumière de manière intergénérationnelle les cicatrises de la guerre civile algérienne qui ont scindé le pays dans les années 90. Un film vivant et moderne qui pointe le désir de vivre et de s’ouvrir au monde.

Dede, le premier film géorgien de Mariam Khatchvani, remporte le Prix du public Midi Libre. La réalisatrice, revient dans son village natal situé en Svanétie, province du nord-ouest du pays pour tourner avec les habitants l’histoire de sa grand-mère. Un combat pour vivre et aimer comme elle l’entend. On est soufflé par le cadre  naturel, la qualité de la photo, et les moeurs et coutumes dans lesquels les personnages affirment leur vie.

JMDH

Source La Marseillaise 30/10/2017

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