Marc Recha : La perte de l’innocence

marc-recha210447 De passage à Montpellier, le réalisateur  espagnol Marc Recha revient sur son film C’est ici que je vis qui sort en salle.

« La banlieue oubliée de Barcelone et le jeune Arnau un peu en dehors du monde, sont les deux principaux personnages de votre film…

C’est une fable sur la perte de l’innocence incarnée par Arnau, un jeune quasi autiste qui vit dans un monde parallèle et qui habite avec sa sœur dans un quartier défiguré de la banlieue de Barcelone. Tout a changé là-bas depuis 2004, quand nous avons commencé l’écriture du scénario. En terme d’urbanisation, de population et même de réglementation. Les courses de chiens que l’on voit dans le film ont été interdites. Dans cet environnement, Arnau entretien une relation forte avec la nature mais aussi naïve, au point de mettre un renard aux milieux de ses oiseaux.

Vous tracez une fresque sociale réaliste et sensible d’un monde où les pauvres tentent de s’en sortir mais qui reste sous perfusion ?

On le voit avec les courses de chiens, des lieux qui attiraient des centaines de personnes. Les gens venaient y perdent la tête en misant les quelques euros qu’ils avaient en poche. On a eu de la chance de pouvoir tourner sans avoir recours à des figurants. Cela répondait à une volonté : celle de restituer l’authenticité qui règne dans le film. De même avec les concours de chant d’oiseaux. En Catalogne, ces concours rassemblent des gens issus de toutes les classes. En nous y rendant, nous avons constaté qu’il y avait beaucoup de jeunes un peu comme Arnau au côté de personnes de tous les âges. C’est très particulier.

Dans votre film, vous n’usez pas beaucoup de la parole mais on y trouve beaucoup de sens…

La musique renforce la structure narrative de chaque personnage. Arnau ne s’exprime pas à travers la parole mais par les mouvements. Pour se déplacer, il n’emprunte pas les voies habituelles, il traverse la rivière, enjambe les barrières… Nous avons étudié ses déplacements psychomoteurs pour le filmer dans cet environnement d’un Barcelone en train de disparaître. Nous avons mélangé les travelling avec le zoom. Je voulais faire un film simple, un peu comme les westerns militants des années 70. »

Recueilli par JMDH

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